Créer un site internet

RÉFORMES DES RETRAITES : LES PISTES EXPLOSIVES.

Allongement de la durée de cotisation, âge pivot, système par points...

Les partenaires sociaux sont déjà vent debout contre de nombreuses pistes de la réforme des retraites, agitant la menace d'un mouvement social de grande ampleur.
A quoi la future réforme des retraites va-t-elle ressembler ? 

Les partenaires sociaux ont été reçus jeudi 5 et vendredi 6 septembre pour une deuxième phase de concertation à Matignon, en présence d'Agnès Buzyn et de Jean-Paul Delevoye.

Le Premier ministre doit désormais faire des annonces sur la méthode, la concertation citoyenne et le calendrier de la réforme des retraites "dans le courant de la semaine prochaine". 

Les débats sont loin d'être terminés.

En juillet dernier, le haut commissaire a présenté des pistes pour aboutir à un système de retraite plus juste, "universel" et par points. Exit donc les 42 régimes de retraite existants. 

Ce principe même est d'ores et déjà contesté par certains syndicats, comme Force ouvrière et la CGT.

Certaines pistes du rapport Delevoye sont également décriées. 

C'est le cas de l'instauration d'un âge d'équilibre à 64 ans pour toucher une retraite à taux plein. L'âge légal de départ resterait fixé à 62 ans, mais l'objectif de l'exécutif est de fait clair : inciter les Français à travailler le plus longtemps possible, afin d'assurer l'équilibre financier du futur système. Et pour cause, dix milliards d'euros manquent toujours à l'appel. 

La création d'un âge pivot est loin de constituer l'unique sujet de discorde. 

Les sondages montrent que les Français eux-mêmes sont très partagés sur cette réforme des retraites. 

44% des personnes interrogées y sont opposées, contre 33% des sondés favorables et 22% qui ni sont ni favorables ni opposés, révèle un sondage Elabe pour Les Echos, Radio Classique et l'Institut Montaigne, ce vendredi 6 septembre.

Âge légal de départ à la retraite et âge d'équilibre

C'est sans aucun doute la piste la plus explosive de la réforme des retraites. 

Dans son rapport, le haut commissaire suggère de créer un âge d'équilibre à 64 ans pour toucher une retraite à taux plein.

En clair, l'âge légal de départ à la retraite resterait fixé à 62 ans, mais votre pension de retraite serait pénalisée par un malus si vous partez à cet âge. Très concrètement, un système de bonus-malus serait mis en oeuvre. Pour rappel, le système de décote/surcote existe déjà pour les pensions de retraite complémentaires de l'Agirc-Arrco actuellement.

Dans son rapport, Jean-Paul Delevoye donne l'exemple de Paolo qui a acquis 30 000 points  sur la base d'un salaire égal à 1,5 Smic

Ainsi, si Paolo décide de partir à la retraite à 62 ans, sa pension de retraite sera affectée par une décote : il touchera 1 238 euros par mois.

En revanche, s'il part à l'âge d'équilibre, à 64 ans, il touchera une pension de retraite à taux plein, soit 1 375 euros.

Enfin, s'il décale son départ à la retraite à 66 ans, sa pension s'établira à 1 513 euros par mois. 

L'objectif de l'exécutif est parfaitement clair : inciter les Français à quitter la vie active le plus tardivement possible. 

Et pour cause, le gouvernement s'est fixé pour ambition d'assurer l'équilibre financier du futur système "universel". Or il manque encore 10 milliards d'euros. 

Côté syndicats, la mesure est très souvent rejetée, car elle est considérée comme un moyen déguisé de décaler l'âge légal de départ, sans prendre en compte les situations individuelles, et en particulier les personnes qui ont commencé à travailler tôt. 

Pourtant, sur ce point le rapport Delevoye préconise de conserver le dispositif pour les carrières longues

Pour rappel, il permet à ceux qui ont commencé à travailler avant l'âge de 20 ans de partir à la retraite de manière anticipée dès 60 ans.

Le haut-commissaire suggère que, pour eux, la pension de retraite ne soit pas pénalisée par un système de décote. "Un assuré qui part par exemple à 61 ans au titre d'une carrière longue aura ainsi la même valeur de service qu'un assuré partant la même année à 65 ans", peut-on lire dans le rapport. Reste toutefois à savoir quel sera leur niveau effectif de pension de retraite.

Et pour les carrières courtes ? Les personnes concernées seront-elles contraintes de travailler plus longtemps comme l'assurent certains syndicats ? 

Le rapport Delevoye prévoit de créer des points de "solidarité" pour les périodes d'inactivité subies : maternité, maladie, invalidité et chômage indemnisé.

Leur valeur serait identique à ceux des points de retraite dits "classique". Une mesure présentée comme une avancée, car les personnes concernées ne seraient plus contraintes de travailler jusqu'à 67 ans pour toucher une retraite à taux plein comme aujourd'hui. 

Autre changement majeur, la revalorisation du minimum de pension de retraite à 85% du Smic net. Insuffisant, estiment pourtant certains partenaires sociaux. 

Allongement de la durée de cotisation

L'instauration d'un âge d'équilibre à 64 ans est loin de faire l'unanimité, y compris chez les Français.

Selon un sondage Elabe pour le quotidien Les Échos, 63% des Français interrogés sont plutôt favorables à un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l'âge de départ à la retraite. 

Pour rappel, Emmanuel Macron lui-même avait marqué sa préférence pour cette option, plus "juste" selon lui, avait-il indiqué le 26 août dernier au micro de France 2.

Pour rappel, la loi Touraine, qui entre en vigueur en 2020, prévoit de porter la durée de cotisation à 172 trimestres, soit 43 ans. Une accélération du calendrier pourrait bien être abordée dans les consultations.

Cette piste ne satisfait pas certains partenaires sociaux.

Plusieurs d'entre eux redoutent un effet négatif pour les cadres notamment, qui ont commencé leur carrière plus tard.

"[Cette mesure] est défavorable pour tout le monde et pas seulement pour les cadres, je vous fais ce simple calcul : aujourd'hui l'âge moyen d'entrée dans le monde du travail, c'est 22 ans, 43 ans c'est la durée de cotisation qui va s'appliquer à cette population (...) 22 plus 43, ça fait 65, donc déjà dans le dispositif actuel, on est au-delà de l'âge pivot qui était proposé", a détaillé François Hommeril, président de la CFE-CGC au micro de LCI, le 5 septembre. 

Système de retraite "universel" et fin des régimes spéciaux

Le gouvernement le répète maintenant depuis de longs mois, son objectif est que "chaque euro cotisé donne les mêmes droits" à tous les actifs

Pour ce faire, il défend la création d'un "système universel", et donc, la disparition des 42&