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PIERROT LE FOU - Écoutez (48 minutes)

C’est parfois dans les romans noirs que l’on trouve les peintures sociales les plus justes. Et c’est parfois dans les faits divers que l’on trouve le reflet d’une époque. L’histoire de Pierre Loutrel, dit Pierrot le Fou, est le miroir déformant d’une période de l’histoire de France.

Photographie d'identité judiciaire de Pierre Loutrel, dit « Pierrot le fou » (avant 1946) - Service de l'identité judiciaire

Petit voyou monté en graine à la fin des années 30, passé par le bagne militaire des bataillons d’Afrique, il épouse la Gestapo française en 41, avant de répudier la mariée trois ans plus tard. Puis de convoler en secondes noces avec la Résistance, avant d’en divorcer pour retrouver le célibat.

Car Pierrot le Fou était avant tout amoureux de sa maitresse : la voyoucratie. Au fond, il n’a jamais été qu’un gangster. Coucher avec l’occupant, ou se refaire une virginité avec les Forces françaises de l’Intérieur n’était que le moyen d’assouvir ses passions : les braquages, les flingues, les morts.

Pierre Loutrel n’était pas un idéologue, Pierrot le Fou n’était finalement qu’un bandit profitant des circonstances que lui ont offertes la guerre et l’après-guerre. Il n’était pas un héros de cinéma à l’audace romanesque et fantasque, mais un alcoolique aux crises de violence éthylique telles que même ses compagnons n’osaient murmurer en sa présence le surnom qu’ils lui avaient donné, le Fou.

Il a été le premier ennemi public n°1, l’expression n’existait pas avant lui. Mais il n’a gardé ce titre que quelques semaines, avant de mourir, à 30 ans. Comment ? En se tirant lui-même, par accident, une balle dans le bas-ventre.

La Rédaction

PIERROT LE FOU - ÉCOUTEZ (48 MIN)

 

Date de dernière mise à jour : 21/12/2023

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