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Après Grignon, Varey : pour les migrants, la vie de château continue !

Le château de Varey a presque mille ans. On en trouve une trace écrite dès 1150. Niché au-dessus d'un village du Bugey, Saint-Jean-le-Vieux, il a suivi et parfois subi les tourments de la grande Histoire : possession seigneuriale, puis propriété du dauphin (en sa province du Dauphiné), le château passe à la maison de Savoie, puis à une famille de marchands. Il est défiguré par les valeurs de la République en 1793, sous les ordres du funeste Albitte, le « tigre de l'Ain », puis restauré au XIXe siècle, pas si mal que cela d'ailleurs. Ses toits polychromes et ses façades dans le goût de la Renaissance le font tout naturellement classer à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1983. Il appartient, aujourd'hui, à une association qui en a fait un centre médico-social et son intérieur a probablement fait l'objet d'une « mise aux normes », comme il convient aujourd'hui. On n'a pas trop envie de voir ça.

CHÂTEAU DE VAREY

Bref. Vous le savez, amis lecteurs, les Jeux olympiques de 2024 approchent et il est de plus en plus question de transformer le cloaque parisien, ses pyramides de poubelles et ses crackeux en goguette en une version aseptisée, « instagrammable », débarrassée des bienfaits du vivre ensemble. Or, pour transformer World War Z en Emily in Paris, il ne suffira pas de mettre un petit coup de balai deux jours avant, on s'en doute. Il est probable que ce soit la raison qui a présidé à la reconversion du château de Varey en centre d'accueil. C'est Le Progrès, toujours soucieux de bien porter son nom, qui révèle cette information, sans pouvoir assurer avec certitude que l'association Alfa3A, propriétaire des lieux, accueillera des « mineurs isolés ». Ce que l'on sait, grâce au journal, puisque la commune elle-même n'était pas au courant de cette initiative, c'est que le château va accueillir du monde, et on a déjà une petite idée de la physionomie de ce monde.

On se souvient peut-être que le château de Grignon, dans les Yvelines, avait subi le même sort, il y a quelques mois. Cet ancien campus de grande école était devenu un centre d'accueil de « réfugiés ». C'est tout de même curieux, cette volonté de donner des châteaux classés à des migrants. La morale du ressentiment va tout de même se nicher jusque dans de surprenants recoins. « Ah, il y a des châteaux en France ! Ah, il y a de la beauté, de la rareté, de grandes pièces, de l'Histoire, de l'espace, du calme, du silence ! Eh bien, ils vont voir ça, les fachos ! On va leur y mettre des nouveaux arrivants, dans leur sale château de réacs ! »

En fait, les descendants du révolutionnaire Albitte sont toujours aux manettes. Ils ne font plus araser les clochers, comme à l'époque, puisque les clochers brûlent tout seuls et que l'Église catholique compte désormais moins de pratiquants que l'islam, donc en vérité moins de croyants - que vaudraient, en effet, un végétarien non pratiquant ou un sportif non pratiquant ? Non, on va s'attaquer aux châteaux, cette fois. Il ne s'agirait pas qu'il reste pierre sur pierre de ce qui fut jadis le plus beau et le plus puissant des pays du monde. Et pour ce qui est de prévenir la commune, et puis quoi, encore ! Les maires de Callac ou de Saint-Brevin n'avaient rien demandé à leurs administrés quand ils ont eu le projet d'installer des camps de migrants sur le territoire de leur commune. C'est la surprise, en quelque sorte.

Faisons le bilan de cet enrichissement culturel dans quelques années... Ce sera forcément génial, non ?

Arnaud Florac

Date de dernière mise à jour : 03/04/2023

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