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Le Conseil scientifique indépendant fête sa 100e en public

Un événement exceptionnel et en public aura lieu les 18 et 19 mai prochain à Saintes (Charente-Maritime) pour la 100e édition du Conseil scientifique indépendant. En présence de très nombreux intervenants, à la parole libre et sans conflits d’intérêts.

Impossible de tous les citer, mais ils seront tous là ou presque : Christian Perronne, Alexandra Henrion-Caude, Louis Fouché, Pierre Chaillot, Jean-Marc Sabatier, Vincent Pavan, Emmanuelle Darles, Hélène Banoun, Christine Cotton, Jean-Dominique Michel… Tous les intervenants réguliers ou ponctuels du Conseil scientifique indépendant (CSI). Des médecins, des scientifiques, des universitaires, des chercheurs indépendants. Mais également des philosophes, des avocats et d’autres personnalités issues du monde médiatique ou politique. Et des représentants d’associations. Leurs points communs : n’avoir aucun conflit d’intérêts, avoir une parole libre et se battre depuis trois ans pour que le débat s’ouvre en France autour de la gestion de la crise sanitaire, autour du Covid-19, des traitements et des vaccins, et même au-delà autour des questions politiques, sociétales et philosophiques que cette crise a fait émerger.

Entretien avec Vincent Pavan, chercheur et mathématicien, membre du CSI et président de l’association Réinfo Liberté, coorganisatrice de l’événement.

Le Conseil scientifique indépendant fête sa 100e en public

« Une fraude scientifique avérée »

Véritable contre-point au Conseil scientifique officiel, le Conseil scientifique indépendant est né il y a deux ans, avec une première réunion hebdomadaire diffusée sur les réseaux sociaux le 8 avril 2021. Quelles raisons ont poussé à sa création ?

Le CSI est né pour répondre à un besoin impérieux d’avoir une information claire, loyale et appropriée sur les enjeux sanitaires et thérapeutiques du Covid et pour permettre aux citoyens et aux institutions publiques, mais aussi aux médecins de prendre des décisions éclairées à propos des politiques sanitaires menées. Lors de la première émission, par exemple, j’ai démontré en quoi l’étude ComCor, qui a servi de caution au gouvernement pour fermer les bars et les restaurants sous prétexte que l’on avait plus de chance d’y être contaminé, était une fraude scientifique avérée. Notre volonté était d’apporter de l’information de qualité, d’ouvrir le débat scientifique et médical, d’avoir une approche prudente et de partager les savoirs en invitant des intervenants de haut niveau, sans conflit d’intérêt, tous compétents dans leur domaine et issus d’horizons différents : des médecins, des biologistes, des pharmaciens, des mathématiciens, des statisticiens, des sociologues, des avocats…

« Il fallait contourner la presse »

Sans l’immense omerta qui a sévi dans les médias pendant toute cette crise, le CSI aurait-il eu besoin d’exister ?

Je ne pense pas. Personnellement, j’avais écrit un article en mai 2020 pour dénoncer l’étude scientifique truquée de Simon Cauchemez sur les bénéfices du confinement. Je l’ai envoyée à une dizaine de grands journaux (Libération, Le Monde, Marianne, Médiapart…). Les seuls qui m’ont répondu sont des journalistes de L’Obs et du Parisien, qui n’ont jamais donné suite. Or, nous étions plusieurs à effectuer des travaux de recherche ou de vérification des données et le besoin s’est fait ressentir de créer un espace dédié à l’expression publique de ces résultats. La première à avoir eu cette idée est Violaine Guérin (l’une des co-fondatrices du collectif Laissons les médecins prescrire, ndlr), avec la Coordination Santé Libre qui réunissait plusieurs collectifs de soignants et de scientifiques. Elle a organisé une grande conférence de presse, avec de nombreux intervenants, mais quasiment aucun journaliste n’est venu. On s’est dit qu’il fallait contourner la presse et s’adresser directement au public, via les réseaux sociaux, et sans être obligés de se réunir tous à chaque fois au même endroit. Il se trouve qu’au sein du collectif RéinfoCovid, nous avions les ressources humaines nécessaires avec un groupe pluridisciplinaire déjà constitué, des informaticiens, etc. Donc, on s’est lancé.

Quel public visiez-vous exactement ?

Au départ, principalement les journalistes et les médecins. Les journalistes pour leur montrer notre sérieux et notre rigueur scientifique. Mais ça n’a pas eu tellement d’effets, même si on sait que certains regardent l’émission. Et les médecins pour les informer sur les traitements précoces, les masques, les vaccins… C’est pourquoi nos présentations restent assez techniques, voire parfois très techniques. Mais ce n’est pas sûr qu’on ait touché ce public-là non plus. Qu’importe, l’important est que nos travaux existent et que ceux qui veulent y accéder pour avoir des informations de qualité puissent le faire à tout moment et librement. Notre but n’est pas le chiffre et nous ne baisserons pas en qualité ou nous ne ferons pas du marketing pour toucher plus de monde.

« Ils avaient raison d’avoir des doutes »

Qui avez-vous touché finalement ?

On ne sait pas trop. Mais quand on se déplace à la rencontre du public, on se rend compte que beaucoup de gens nous remercient et nous disent que grâce au CSI, ils se sont sentis moins seuls pendant la crise. Ce sont des personnes qui avaient intuitivement ressenti que quelque chose clochait ou que c’était du grand n’importe quoi, mais qui n’avaient pas les compétences ou les arguments scientifiques pour soutenir leurs impressions ou leur raisonnement. Le CSI leur a fait du bien en leur apportant la preuve qu’ils n’étaient pas fous ou seuls au monde à penser ce qu’ils pensaient et qu’ils avaient raison d’avoir des doutes sur ce que le discours dominant essayait de leur faire croire.

Deux ans plus tard, le CSI a abordé quasiment tous les thèmes autour du covid, des mesures sanitaires, des vaccins, des effets indésirables, de l’ARN messager… Même s’il y a sans doute encore beaucoup à dire sur le sujet, n’avez-vous pas le sentiment d’en avoir fait le tour ? De plus, la crise sanitaire semble aujourd’hui derrière nous : le CSI a-t-il encore une raison d’être ?

C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons fait évoluer la formule du CSI, qui s’ouvre aujourd’hui à d’autres intervenants et à d’autres thèmes, comme la biopolitique. Le CSI est devenu un site d’éducation populaire. L’idée est d’élargir le débat, en passant d’une réflexion scientifique à une réflexion plus sociétale, mais en conservant la même rigueur et la même éthique dans la parole. Sur un autre plan, notre volonté est aussi de nous institutionnaliser en devenant un groupe d’experts scientifiques reconnu par les institutions et les administrations. Plusieurs membres du CSI ont déjà été auditionnés pour leur expertise auprès de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) en avril et mai 2022, dans le cadre d’un rapport sur les effets indésirables des vaccins contre la Covid-19 et le système de pharmacovigilance français. Plusieurs d’entre nous participent également l’International Covid Summit (ICS), qui s’est réuni une première fois au Sénat à Rome en 2021, puis à l’IHU de Marseille et à Massy en 2022. Le prochain sommet aura lieu les 2, 3 et 4 mai prochain à Bruxelles, où nous serons entendus devant le Parlement européen. À terme, notre souhait est de pouvoir intervenir en tant qu’experts en justice, par exemple lors de procédures sur les effets indésirables, etc.

Animée par André Bercoff

Que se passera-t-il les 18 et 19 mai prochain à Saintes ?

La 100e du CSI aura lieu le jeudi soir à partir de 21 h 30 dans un format un peu spécial, puisque l’émission sera en direct en public depuis Saintes et animée par André Bercoff, avec quatre intervenants : Christian Perronne, Hélène Strohl, Louis Fouché et Philippe de Chazournes, qui échangeront sur le thème « Mort et renaissance du système de santé ».
Auparavant, des tables rondes organisées par Réinfo Liberté auront lieu tout au long de la journée, avec de très nombreux invités. Et le lendemain, la parole sera donnée aux associations qui luttent à différents niveaux, comme Verity France qui œuvre pour la reconnaissance des victimes d’effets secondaires des vaccins, Les Essentiels qui soutient les personnels suspendus et recueille leurs témoignages, ou encore Les Mamans Louves qui se sont beaucoup battues sur la question des enfants à l’école. Il y en aura d’autres. Dans l’après-midi, des ateliers seront organisés en petits groupes avec plusieurs intervenants de la veille. Et deux très beaux films seront projetés : « Wake Up » de Christophe Cossé et « Après la pluie » de Nicolas Loth. On peut retrouver 
le programme détaillé de ces journées sur le site de la billetterie.

Émission filmée en direct

Combien de personnes attendez-vous ?

Au départ, la mairie de Saintes nous avait accordé un gymnase où nous pouvions recevoir 2 000 personnes, puis elle est revenue sur son engagement, sans que l’on sache trop pourquoi. Nous serons donc dans une salle privée, le Vegas, qui peut accueillir jusqu’à 1 500 personnes. Mais l’événement sera filmé et retransmis en direct sur TV Royan et les réseaux sociaux. Pour ceux qui veulent venir, la billetterie en ligne est ouverte, avec une participation de 15€ à 30€ selon les moyens de chacun. Je tiens également à souligner que cet événement exceptionnel est coorganisé avec le Collectif saintais pour la citoyenneté libre (CSCL) et l’association Au cœur de l’humain, qui sont très actives dans leur région et avaient déjà organisé une intervention publique du CSI en octobre dernier à Saintes. Sans elles et les nombreux bénévoles impliqués dans l’organisation, tout cela n’aurait pas été possible.

100e du CSI, les 18 et 19 mai 2023 au Végas, 1 route de Royan à Saintes.
Programme détaillé et billetterie en ligne ici 

Alix Jouan

 

Date de dernière mise à jour : 18/05/2023

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