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CRISE AGRICOLE - Face au Mercosur, le gouvernement donne un nouveau gage pour calmer la colère agricole

Motion de censure : Sébastien Lecornu passe à un fil - L'Humanité

Sébastien Lecornu a annoncé un arrêté pour interdire l’entrée de certains produits venant d’Amérique du Sud en France.

Une rentrée apaisée ? À deux mois du Salon de l’agriculture et alors que la fin de l’année 2025 a été marquée par la crise de la dermatose nodulaire, le gouvernement entend calmer la situation. Et ce d’autant plus que la signature du traité du Mercosur doit être finalisée le 12 janvier prochain et que Sébastien Lecornu recevra les syndicats agricoles en début de semaine.

Le Premier ministre a ainsi détaillé sur X ce matin une première mesure conservatoire face à cet accord. Moyennant un arrêté pris par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, plusieurs produits en provenance d’Amérique du Sud et contenant des résidus de mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl et carbendazime, des pesticides interdits en Europe, ne pourront plus entrer en France.

« Avocats, mangues, goyaves, agrumes, raisins et pommes d’Amérique du Sud ou d’ailleurs ne pourront plus entrer sur le territoire national. Des contrôles renforcés seront réalisés par une brigade spécialisée pour garantir le respect de nos normes sanitaires », a détaillé Sébastien Lecornu en évoquant une « première étape ».

Annie Genevard qui soutient une « mesure de bon sens », précise que Bruxelles sera par ailleurs amené à se prononcer sur cette initiative. En revanche, pas question de faire pour l’instant d’autres annonces alors que l’entourage du Premier ministre évoquait en fin de semaine dernière de nombreuses mesures « annoncées progressivement tout au long du mois de janvier », dont « certaines » « dès dimanche ».

Dans La Tribune dimanche, la ministre qui insiste sur le besoin d’une désescalade des tensions avec les agriculteurs, répond également sur le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne. Entré en vigueur le 1er janvier, il pénalise les céréaliers importateurs d’engrais.

La ministre rappelle avoir « déjà agi pour réduire la facture de plus de moitié ». « Mais le coût reste tout de même de 4.000 euros par an par exploitation. Nous voulons un coût zéro pour nos agriculteurs », ajoute-t-elle. Elle a indiqué que le Premier ministre Sébastien Lecornu a écrit à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à ce sujet et qu’elle entend rallier d’autres pays européens pour « exiger un report ou une suspension du mécanisme pour les engrais ».

Lucie Oriol

Date de dernière mise à jour : 04/01/2026

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