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ANNÉE 2026 - Que vive en nous l’espérance française !

Arc de Triomphe: Paris's famous roundabout

Voici revenue l’inévitable période des vœux. Partout en France, dans nos communes petites ou grandes, nos départements, nos régions, vont se succéder à une cadence effrénée les cérémonies des vœux. Exercice obligé, sincère ou pas, intéressé ou non, à quelques mois des élections municipales. Peu importe, finalement, si ce moment, si fugace soit-il, se révèle l’occasion, dans une France fracassée, de sentir que nos appartenons à des communautés qui ensemble forment une nation qui devrait nous unir.

La vérité est que rien ne va plus

Inévitables, aussi, les vœux présidentiels. Avouerai-je que je n’ai pas eu le courage de les écouter. Entendre l’intonation mielleuse de mauvais prêcheur d’Emmanuel Macron est au-dessus de mes forces. Mais je me suis rendu sur le site de l’Élysée afin de les lire. Comment ne pas ressentir une forme de malaise, tant les propos ne coïncident pas avec la réalité ! « La France tient », affirme le Président. Mais justement, elle ne tient pas. Oh, certes, il y a une façade qui peut faire encore illusion : les forces armées, la police et la gendarmerie font leur devoir dans des conditions de plus en plus difficiles, l’administration fiscale fonctionne (spécialité française, paraît-il), les contrôleurs contrôlent. Principalement les honnêtes gens qui ne font pas de problème. Mais la vérité est que rien ne va plus. Et les Français le savent bien et le vivent mal.

Laissons donc le Président à ses vaticinations pour envisager ce que nous pouvons nous souhaiter en tant que Français. Il y a peu, un lecteur évoquait la dédicace de Charles Maurras à son ami René-Marc Ferry, apposée sur son livre L’Avenir de l’intelligence : « Tout désespoir en politique est une sottise absolue. » Remarque juste, car le désespoir engendre le découragement et le découragement l’inaction. En juin 40, Churchill, seul contre tous mais soutenu par son roi, a promis qu’il ne se rendrait jamais ! Et un général de brigade inconnu, réfugié à Londres, entouré d’une poignée de royalistes, de Juifs et des marins de l’ile de Sein a compris que la guerre était une guerre mondiale et qu’il fallait être dans le camp des vainqueurs. À court terme, le désespoir était compréhensible, peut-être même apparemment raisonnable. Et pourtant, c’est le fait de résister et de combattre ce qui paraissait impossible à vaincre qui était la juste voie.

Puisqu’il s’agissait d'« avenir de l’intelligence », permettez-moi de souhaiter que les diverses familles de la droite en fassent preuve et sachent bâtir une alliance qui permettrait à une France majoritairement à droite d’être gouvernée à droite. Dans une récente intervention à l’Assemblée nationale, Éric Ciotti a conjuré ses collègues de « préférer la France à un système politique déjà mort ». Il faisait ainsi, une fois de plus, appel à l’intelligence, au courage mais aussi au service de la nation au-delà des calculs politiciens et du confort des places.

L'honneur ne se trompe jamais de chemin

Un autre vœu, pour les Français eux-mêmes. Qu’ils abandonnent leur résignation, qu’ils démontrent qu’ils ne sont pas réduits à devenir de « véritables pourceaux du troupeau d’Épicure », comme aurait écrit Horace, mais un grand peuple capable de grandes choses, comme ils l’ont tant de fois été dans leur longue Histoire. Certes, nous sommes une vielle nation, sans doute fatiguée, mais comme disait MacArthur, « on ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal. Les années rident la peau : renoncer à son idéal ride l’âme. » Retrouvons donc notre idéal. Il est fait d’honneur, et qui suit l’honneur ne se trompe jamais de chemin, de service et de grandeur. Il est l’opposé de la mesquinerie politicienne et de la stupidité idéologique. Il empoigne la réalité des choses et des êtres, car c’est en connaissant la réalité que l’on peut la rendre meilleure.

Et pour conclure, car Vendéen je suis, je laisse la parole à Charette : « Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous, elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau ; nous l’avons sous les pieds… Il est vieux comme le diable, le monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, nous sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver, pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur… »

Que vive en nous l’espérance française !

Stéphane Buffetaut

Date de dernière mise à jour : 04/01/2026

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