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POLITIQUE INTERNATIONALE - Gorbatchev et Poutine ont tout fait pour se rapprocher de l’Europe !

Fichier:Vladimir Putin with Mikhail Gorbachev-1.jpg — Wikipédia

« La création d’un mode de collaboration entre l’Union Européenne et la Russie favoriserait un règlement plus rapide des problèmes économiques, techniques et contribuerait à la création d’un espace économique commun. La coopération entre la Russie et l’Union Européenne s’avère être un élément clé, un pont entre l’Europe et la Chine, ainsi qu’entre les régions asiatiques et pacifiques ; l’américanisation du monde est impossible ; la création d’un monde unipolaire est chimérique. L’essentiel est d’élaborer les contours d’un nouvel ordre mondial et de définir les concepts sur lesquels il doit se fonder ».
Mikhail Gorbatchev

« L’interdépendance entre la Russie et l’Europe est déjà largement dans les faits. Au point que, pour la première fois depuis longtemps, nous pouvons imaginer, au moins sur le plan économique, une communauté de destin avec la Russie. »
Francis Mer, Ministre des Finances

« Le monde commercial va s’organiser en grandes zones : la zone des Amériques et la zone asiatique. ll faut qu’il y ait un pendant européen »
Guillaume Sarkozy

« Si à une certaine époque, la réconciliation historique de la France et de l’Allemagne fut l’une des conditions de base de l’intégration ouest-européenne, aujourd’hui, c’est le partenariat entre la Russie, l’Allemagne et la France qui constitue le facteur positif majeur de la vie internationale et du dialogue européen.
Je suis profondément convaincu que la Grande Europe unie de l’Atlantique à l’Oural, et de fait jusqu’à l’Océan Pacifique, dont l’existence repose sur les principes démocratiques universels, représente une chance exceptionnelle pour tous les peuples du continent, pour le peuple russe notamment. (…) Le peuple russe a toujours eu le sentiment de faire partie de la grande famille européenne, à laquelle se rattachent les mêmes valeurs culturelles, morales, spirituelles(…) Nul ne remet en question l’importance des relations partagées entre l’Europe et les États-Unis. Toutefois, je pense que l’Europe peut assurer à long terme sa réputation de centre puissant et politiquement indépendant si elle parvient à associer ses ressources avec celles de la Russie… avec les ressources naturelles, humaines et territoriales… avec le potentiel économique, culturel et de défense de la Russie. »
Vladimir Poutine, Président de la Fédération de Russie, devant le Bundestag allemand, le 25 septembre 2001

Une Russie européenne

Poutine, natif de Saint-Pétersbourg qui parle allemand couramment, est un Européen visionnaire à la tête d’une puissance eurasiatique. Un ministre de la culture russe a pu déclarer que la Russie devait renforcer son statut de « gardienne de la culture européenne, des valeurs chrétiennes et de la civilisation authentiquement européenne », valeurs mises à mal par l’occidentalisation. Vladimir Poutine a confirmé, en octobre 2025, son souhait très sincère de se rapprocher, un jour, de nouveau, de l’Europe : « L’Europe telle que nous l’avons tant aimée est en train de disparaître ». La Russie est clairement devenue un réservoir de valeurs, un modèle pour une Europe malade et décadente.
La Russie est en effet un pays européen, asiatique en plus grande partie par sa seule géographie, et c’est en Europe que se situe Moscou, son centre de décisions. C’est pourquoi nous avons un avenir commun, la Grande Europe, que certains, outre-Atlantique pour des raisons impérialistes, et que d’autres, à l’Est de l’Europe pour des raisons historiques, contestent, combattent et font tout pour s’y opposer.
La Russie avec la Sibérie, plus grande à elle seule que les États-Unis, est européenne par ses origines slaves et vikings, par son histoire, par sa religion chrétienne, ses auteurs, ses musiciens célèbres et sa civilisation.

La Russie veut et doit se tourner vers l’Europe

Selon Natalia Soljenitsyne, l’épouse du grand écrivain disparu, « Poutine prend ses décisions en fonction des limites imposées et des circonstances. Il a d’indéniables capacités politiques. S’il était parvenu à s’entendre avec l’Ouest, il ne fait aucun doute qu’il aurait considéré cette relation comme primordiale. Mais cela ne s’est pas produit. Qui est responsable ? Je suis personnellement persuadée que l’Occident porte une vraie part de responsabilité et a fait beaucoup d’erreurs. Si les Occidentaux menaient une ouverture, Poutine saisirait cette chance ».

Il est un malentendu fondamental qu’il est urgent d’évacuer, maintenant que la Russie semble définitivement décomplexée, c’est celui qui porte sur la perception réciproque de l’Europe et de la Russie. L’Europe a élaboré, au travers de tâtonnements douloureux et à la suite de deux guerres mondiales, un système dont elle pense que les autres pays ne peuvent qu’aspirer à en adopter les valeurs et les normes. De son côté, la Russie considère qu’elle appartient à une civilisation spécifique, qui procède de l’Europe et de l’Asie et qu’elle a déjà poussé plus loin que quiconque l’expérimentation d’un monde soi-disant meilleur, avec le communisme, idéologie utopique européenne importée. Elle cherche donc à perfectionner son propre modèle plutôt que d’adopter l’actuel modèle décadent, irréaliste et droit de l’hommiste d’un ensemble voisin. La Russie respecte la civilisation européenne dont elle pense être une composante importante, mais pas l’Union européenne qui lui semble être une construction bancale.

Prise dans le cercle hostile que l’OTAN tente de refermer sur elle, en butte à des sanctions de la part des pays européens, la Russie tente de briser peu à peu son isolement par la voie diplomatique et par une politique maîtrisée d’interventions extérieures (Syrie, Iran et Libye).
« Nous sommes déterminés à promouvoir l’intégration eurasiatique sans l’opposer à d’autres projets d’intégration, dont le solide projet européen. Nous nous basons sur le principe de notre complémentarité réciproque, et nous continuerons de travailler avec nos amis européens en vue de mettre au point un nouvel accord de base » a pu affirmer, fin 2019, le maître du Kremlin.

Poutine n’a pas d’autre solution, face à la Chine trop forte, que de parier à long terme sur l’Europe. Le nouveau tsar sait que les Chinois sont très durs en affaire, qu’ils lui enlèvent son pétrole avec un rabais de 20 %, sous prétexte de « leur amitié ». La Russie, suite aux sanctions occidentales, dépend de plus en plus de la Chine (vente de gaz, industrie automobile, semi-conducteurs, machine outils) ; ce qui est vital et nécessaire aujourd’hui pour la Russie peut devenir mortel à terme pour son économie ; les Chinois sont de grands stratèges, très patients, très intelligents, très fins, très habiles pour manier l’hypocrisie et donc potentiellement dangereux. Poutine, tout comme l’ensemble du peuple russe, sait également que l’Empire du Milieu n’a pas oublié la signature des traités inégaux qui lui ont fait perdre, entre autres, Vladivostok. Il sent que les Chinois ont un appétit secret pour la Sibérie. La Russie ne sera jamais tout à fait à l’aise avec la Chine, alors qu’elle peut parfaitement s’intégrer à l’Europe. Les jeunes élites de Moscou ne rêvent que de cela. Elles y sont prêtes culturellement.

Se rapprocher de l’Europe sur le plan religieux, et culturel, voire démographique si des jeunes Européens devaient être attirés par le « Far East » russe, permettrait aussi à la Russie, même si aujourd’hui tout baigne dans l’huile avec l’islam et que les relations avec l’Asie centrale sont excellentes, d’augmenter son européanité en intensité ainsi qu’en nombre. Cela permettrait à l’Empire russe, de contrer d’une façon pacifique et naturelle, plus facilement l’influence grandissante, en raison de leur taux de natalité plus élevé, des populations musulmanes à l’intérieur de la Russie et en Asie centrale. La Russie est en effet structurellement et géopolitiquement soumise, comme l’Europe, sur son flanc sud à la pression du monde musulman. Cela permettrait aussi d’éviter des problèmes éventuels nouveaux à la Russie, si un jour, un homme faible parvenait à prendre le pouvoir à Moscou.

La Russie, avec l’OTAN américain à l’Ouest, la Chine à l’Est et l’Islam au Sud, souhaite et devrait donc se rapprocher d’une vraie Europe européenne. Le ciment civilisationnel unificateur de la Russie, Etat- Empire, c’est la civilisation européenne : perdre ce ciment providentiel augmenterait à terme les risques de sécession et d’éclatement en Sibérie ainsi que dans le Caucase car la Russie y perdrait son âme fondatrice !

Gorbatchev et Poutine ont tout fait pour se rapprocher de l’Europe et même de l’Amérique !

La Russie européenne de Poutine souhaite se rapprocher de l’Europe, pour trouver de l’aide afin de pouvoir garder la Sibérie, le joyau de la couronne russe, car c’est la Sibérie qui paie en grande partie les factures de l’Empire. La Russie a toujours eu la crainte de se faire absorber un jour par l’Asie, de perdre la Sibérie. C’est pourquoi Poutine ne cherche pas à combattre l’Europe ni à l’occuper, contrairement aux bobards médiatiques de la pensée unique.

Gorbatchev parlait de « Maison Commune », mais les Américains et les Anglais n’ont toujours cherché qu’à abattre et démanteler la Russie, ne voulant surtout pas de la « Confédération européenne » de François Mitterrand qui excluait les États-Unis et incluait la Russie. L’Europe soumise à l’hyperpuissance américaine a perdu tout sens historique et stratégique durant la période Gorbatchev et plus encore, ensuite, sous l’ère Eltsine, avec les 25 millions de Russes laissés pour compte hors de Russie. Poutine a ensuite hérité, en 2000, d’une mission impossible a priori, tant pour redresser la Russie que pour retrouver et rassembler ses compatriotes, tout en souhaitant se rapprocher de l’Europe, devenue malheureusement vassale des États-Unis.

Poutine a même été, ne l’oublions pas, jusqu’à montrer sa bonne volonté à l’Amérique, en lui permettant d’installer des bases militaires en Asie centrale, pour lui faciliter la victoire en Afghanistan, après les attentats du 11 septembre 2001, ce qui inquiétait fortement les siloviki à juste titre, car les États-Unis en ont profité pour essayer de développer sans succès leur influence dans cette région stratégique très disputée.
C’est toujours le même Poutine qui, le 3 octobre 2001, lors de sa visite au siège de l’OTAN à Bruxelles, déclara que la Russie pourrait s’intégrer dans le monde occidental et que son pays, ce qui démontrait son ouverture d’esprit, pourrait accepter un nouvel élargissement de l’Alliance Atlantique ! Il est vrai qu’à l’époque Poutine menait une guerre très dure en Tchétchénie et souhaitait la bienveillance de l’Occident dans sa lutte contre le fondamentalisme islamique. De plus, la redéfinition du rôle de l’OTAN et de toute l’architecture de la sécurité européenne ne pouvait être que bénéfique pour la Russie.

Conclusion : L’Amérique est donc la seule responsable de cet immense et criminel gâchis européen.

Marc Rousset

Auteur de Notre Faux Ami l’Amérique / Pour une Alliance avec la Russie – Préface de Piotr Tolstoï – Editions Librinova (2024) – Numéro 1 des Ventes sur Amazon France – (Catégorie Histoire de la Russie) – Editions « Ves Mir » en langue russe, l’éditeur de Gorbatchev à Moscou (2025) – Immense succès en Russie

Date de dernière mise à jour : 04/01/2026

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