
SUPERBE - Une nouvelle qui va faire grincer pas mal de dents du côté de la bienpensance : en 2025, l’Italie est devenue le 4e exportateur mondial, dépassant le Japon. Les exportations italiennes sont passées de 480 à 626 milliards d’euros entre 2016 et 2023, et pour atteindre 680 milliards en 2025. En 2026, elles dépasseront les 700 milliards. Nos voisins transalpins peuvent entre autres compter sur des « secteurs de niche » comme la mécanique, l’énergie et les infrastructures.
Plusieurs facteurs expliquent le succès économique de l’Italie sous Giorgia Meloni :
Stabilité politique : Meloni a apporté une stabilité rare en Italie, ce qui a rassuré les marchés et les investisseurs.
Réduction du déficit public : Le déficit a été divisé par deux en deux ans, passant de 7,2 % à 3,3 % du PIB en 2025, et la dette publique a été mieux maîtrisée.
Baisse du chômage : Le taux de chômage est passé de 7,8 % en 2022 à 6 % en 2025, son plus bas niveau depuis 20 ans.
Excédent commercial : L’Italie a dégagé un excédent commercial de 55 milliards d’euros en 2024, grâce à une stratégie de niche et à la compétitivité de ses entreprises.
Politique économique pragmatique : Meloni a combiné libéralisme (réduction des impôts, soutien aux entreprises) et protectionnisme stratégique (défense du Made in Italy, sécurisation des approvisionnements).
L’Italie a par ailleurs bénéficié de 200 milliards d’euros de fonds européens post-Covid (90 milliards pour la France), ce qui a dopé sa croissance et ses investissements. L’Italie est le 3ᵉ contributeur net au budget de l’UE, derrière l’Allemagne et la France. Sa contribution nette (différence entre ce qu’elle verse et ce qu’elle reçoit) est estimée à -6 milliards d’euros en 2023 (contre -9,3 milliards d’euros pour la France).
La croissance annuelle moyenne du PIB italien a été de +1,1 % entre 2019 et 2024, contre +0,8 % en France. Au 1er trimestre 2025, le PIB italien a progressé de +0,3 % (soit +0,7 % sur un an), porté par les exportations et une consommation stable. Le PIB par habitant a rattrapé celui de la France en 2025, grâce à une croissance plus dynamique.
Tout n’est évidemment pas rose chez nos voisins latins, avec entre autres une productivité inférieure (il faut le faire…) à celle de la France. Le défi majeur de la péninsule est le vieillissement de la population. Mais c’est celui de l’Europe entière qui ne croit plus en son destin et a cessé de faire des enfants. Le nombre d’enfants par femme n’excède pas 1,6 sur le vieux continent (taux de 2,1 pour le simple renouvellement des générations). Les pays du sud de l’UE (Italie, Espagne, Grèce, Malte) affichent les taux les plus bas (entre 1,13 et 1,25).
La Chine reste le premier exportateur mondial en 2025. Viennent ensuite l’Allemagne, les États-Unis, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas et la France à la 7e place. Les secteurs dans lesquels notre pays tient encore le choc se comptent sur les doigts d’une main de schtroumpf : aéronautique, armes, agroalimentaire (en déclin) et luxe.
Échange volontiers notre Mozart de l’économie et de la finance, qu’on va devoir supporter pendant encore un an et demi, contre une Giorgia Meloni qui, quant à elle, sait manifestement mener sa gondole.
Henri Dubost