parquet judiciaire «Aucun indice» qui laisse songer que les gérants cherchent à fuirLa procureure générale Beatrice Pilloud lors d'une des conférences de presse sur la tragédie de Crans-Montana.La procureure générale Beatrice Pilloud lors d'une des conférences de presse sur la tragédie de Crans-Montana.

La procureure générale Beatrice Pilloud a fait un point sur l'enquête et expliqué pourquoi les gérants du bar ne sont pas en détention préventive.

Dans un communiqué de presse diffusé dimanche en fin de journée, la procureure générale valaisanne Beatrice Pilloud a fait un point sur l'enquête sur l'incendie meurtrier de Crans-Montana.

Il est rappelé que les premiers éléments de l’enquête «ont conduit à l’ouverture d’une instruction pénale à l’encontre des deux gérants de l’établissement». Ils sont prévenus d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence.

La procureure écrit que l’enquête se poursuit «afin de déterminer d’éventuelles autres responsabilités pénales» et les circonstances exactes de cet incendie.

Le drame a certainement été provoqué par des bougies «fontaines» sur des bouteilles, portées trop près du plafond. Avec une mousse anti-bruit qui a pris feu extrêmement rapidement.

Dossier, travaux, matériaux, issues de secours

«La suite de l’enquête portera, notamment, sur l’analyse du dossier obtenu par la commune, la conformité des travaux réalisés par les gérants, les matériaux utilisés, les voies de secours, les moyens d’extinction ainsi que le respect des normes en matière d’incendie», est-il indiqué.

En attendant d'avoir des réponses sur tous ces éléments, de plus en plus de voix se demandent pourquoi les deux gérants n'ont pas été placés en détention préventive. D'autant qu'il s'agit de ressortissants français: s'ils se rendaient en France, leur pays ne les extraderait pas.

«Actuellement, il n’y a aucun soupçon que les prévenus veuillent se soustraire à la procédure pénale ou à la sanction prévisible en prenant la fuite», indique le communiqué signé par Beatrice Pilloud.

«On n'a jusqu'à présent strictement aucun indice concret qui nous laisse songer que les gérants cherchent à fuir leur responsabilité», a aussi noté la procureure générale dimanche au «19:30» de la RTS.

Les deux autres critères pour une détention préventive sont les risques de collusion (entente éventuelle avec d'autres personnes qui pourraient être impliquées) et de récidive. Ils «n'entrent pas en considération», selon Beatrice Pilloud.

Elle a précisé que l'enquête va prendre du temps. Mais «j'espère vraiment arriver à établir quelles sont les responsabilités, et expliquer aux parents qui ont perdu des enfants, des frères ou sœurs, ce qu'il s'est passé», a-t-elle souligné sur la RTS.

Le communiqué rappelle que la présomption d’innocence s’applique jusqu’à ce qu’une condamnation définitive soit prononcée.

Aldegonde Gallard

Date de dernière mise à jour : 05/01/2026

1 vote. Moyenne 4 sur 5.
×