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DOSSIER GROENLAND - Le Groenland était danois avant la naissance des Etats-Unis : il n’est pas à vendre

Le Groenland fait-il partie de l'Union européenne ? - Touteleurope.eu

Cette carte de l’Arctique explique à elle seule pourquoi Trump veut le Canada et le Groenland. Car l’avenir énergétique de la planète se situe sous les glaces du pôle, qui sont en train de disparaître et vont libérer l’accès aux plus vastes gisements miniers de tous les temps.

Il semblerait que les Européens ouvrent les yeux avec 72 heures de retard et réalisent enfin que ce qui est arrivé au Venezuela pourrait bien arriver à un pays européen.

Le raid de la Delta force que Macron saluait pour avoir libéré un peuple opprimé par un dictateur aux mains rouges de sang devient soudain une agression en totale violation du droit international, depuis que Trump a de nouveau manifesté son intention de s’emparer du Groenland.

Personne n’y croyait en Europe, mais depuis le coup de force de Caracas, la fable d’une annexion pure et simple du Groenland par l’imprévisible Trump devient une menace potentielle prise très au sérieux, aussi bien à Copenhague qu’à Bruxelles.

Le Groenland est colonie danoise depuis 1721, donc bien avant la naissance des États-Unis. Il bénéficie d’une très large autonomie en dehors des domaines de la défense et de la politique étrangère qui incombent au Royaume danois. Le peuple possède son propre gouvernement et sa prochaine accession à l’indépendance est à sa seule discrétion, Copenhague n’ayant aucune intention de s’y opposer. Son statut complexe est proche de celui de nos territoires d’outre-mer.

Vaste comme quatre fois la France, il est pratiquement inhabité, avec seulement 56 000 habitants qui pour l’instant n’exploitent pas les immenses ressources géologiques que convoite Donald Trump, notamment les terres rares. Sur les 50 minéraux critiques indispensables aux industries de pointe, l’île continent en détient 80 %.

Le Groenland a un évident intérêt stratégique pour les États-Unis qui y possèdent la base spatiale de Pitiffik (ex-Thulé) depuis les années cinquante. Cette base construite du temps de la guerre froide surveille les missiles balistiques russes, puisque les routes polaires sont les plus courtes pour jouer avec le feu nucléaire. Une détection avancée des tirs ennemis est donc essentielle pour Washington. Mais possédant déjà une base à cet effet, l’intérêt de Trump est ailleurs.

Hanté par la coopération entre Moscou et Pékin qui ambitionnent d’exploiter conjointement l’Eldorado qui dort sous les glaces de l’Arctique, l’obsédé de la grande Amérique rêve d’une annexion du Canada et du Groenland, ce qui donnerait aux États-Unis un territoire encore plus vaste que les 17 millions de km2 de la fédération de Russie. Et surtout, l’arc polaire Alaska, Canada, Groenland passerait sous contrôle américain. Un pactole géologique gigantesque qui propulserait Donald Trump au sommet du podium des bienfaiteurs de l’Amérique.

Cette obsession de la grandeur et de la supériorité de son pays est extrêmement dangereuse.

Après les propos de Trump annonçant vouloir « s’occuper du Groenland dans deux mois », le Premier ministre groenlandais, exaspéré, a répondu « Ça suffit maintenant ! »

Réaction qui laisse Trump de marbre, sachant que ni le Danemark ni l’Europe n’ont les moyens militaires, économiques ou politiques de s’opposer à sa volonté.

Le seul moyen radical qui stopperait net la charge de l’éléphant Trump serait un virage à 180° de la politique de l’Europe, une rupture totale avec une sortie de l’Otan immédiate et une solide paix avec la Russie. Impensable aujourd’hui alors que c’eût été la bonne solution en 1991, quand l’URSS s’est effondrée. Mais le malheur de l’Europe a été de suivre aveuglément les diktats de Washington qui craignait par-dessus tout une vaste Europe de Gibraltar à Vladivostok, laquelle aurait constitué le plus puissant ensemble militaro-économique du moment. Aveuglée par son américanisme infantile et n’ayant pas su saisir cette chance inespérée après des décennies de guerre froide, l’Europe n’est plus qu’un nain politique et militaire, en plein déclin économique qui plus est. Un désastre amplifié par une mondialisation dévastatrice, qui la mène à la perte irréversible de son identité et de sa culture.

Quel que soit le domaine considéré, l’Europe a tout faux. 

Il est donc trop tard. L’Europe a fait le choix suicidaire de la soumission à Washington. Elle préfère acheter des F-35 que Trump peut clouer au sol à distance, alors que l’industrie de l’armement européenne a les moyens de rivaliser avec les meilleurs matériels US. 

Airbus et Boeing en sont la preuve. Quand on veut on peut. Mais totalement divisés, les Européens ne cessent de se savonner mutuellement la planche. Ce dont Trump est parfaitement conscient.

Avant de conclure, rappelons que si Trump décide un coup de force pour s’emparer de l’île, il s’agira cette fois d’une agression contre un pays de l’Otan, ce qui signera automatiquement la fin de l’article 5 de l’Alliance ! Il faut quand même oser !

Cela dit, ceux qui s’imaginent encore que Trump va voler au secours des pays baltes et se frotter aux 6 200 têtes nucléaires de Poutine sont de doux rêveurs. Mais c’est un autre sujet.

Pour terminer, rappelons que 80 % des Groenlandais sont favorables à l’indépendance, mais que 85 % d’entre eux rejettent l’idée de devenir américains. Seulement 6 % sont prêts à adopter la bannière étoilée comme emblème national.

Par conséquent, on ne peut qu’espérer que l’avenir du Groenland continue d’appartenir au seul peuple groenlandais, sans agression, ni chantage, ni menace, ni pression, ni sanction d’aucune sorte. Autrement dit, tout le contraire de la méthode Trump.

Jacques Guillemain

Date de dernière mise à jour : 08/01/2026

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