
L’euthanasie, l’avortement, le genre, l’éducation à la sexualité… rendent compte d’un renversement civilisationnel dramatique, commencé en 1789, incarné et démultiplié par Macron : nous basculons d’une civilisation chrétienne dans une civilisation satanique, nous changeons de paradigme moral et anthropologique.
Selon Grégor Puppinck, juriste et essayiste français, né en 1974, « depuis le début du XXe siècle, des mouvements radicaux promeuvent l’euthanasie en Occident. Ces mouvements, issus des milieux eugénistes et « humanistes » anglo-saxons et allemands », résultent de quatre dogmes.
Premier dogme : la poussée du matérialisme du XVIIIe siècle. Le matérialiste nie Dieu car il croit en une matière éternelle à laquelle il rattache le mouvement et la sensibilité. La croyance en l’éternité de la matière, inhérente à la philosophie antique, devient celle des athées modernes. Pour le matérialiste, l’homme est un instrument de la nature, une sorte d’accident dans le devenir de l’univers. Il a seulement la particularité d’être doué de sensibilité et de mémoire, ce qui le différencie de la pierre.
Cet homme sans Dieu n’est plus un individu. L’individu n’existe pas « il n’y a qu’un seul grand individu, c’est le Tout ». L’individu se fond dans l’Être Un.
Deuxième dogme : le malthusianisme. Thomas Malthus, économiste et pasteur anglais (1766-1834), est frappé par la misère qui règne en Angleterre. Pour lui, la croissance de la population, plus rapide que la croissance de la production, provoque un accroissement de la misère générale. La population croit selon une progression géométrique (2, 4, 8, 16…) et double tous les 25 ans. Les substances augmentent suivant une progression arithmétique (2, 3, 4, 5…). Malthus voit deux remèdes. Le contrôle des naissances ou la « contrainte morale », c’est-à-dire le renoncement au mariage et à la procréation pour les plus pauvres. Depuis les années 1950, les idées de Malthus retrouvent une actualité certaine.
Troisième dogme : le darwinisme social. L’expression fut inventée par le journaliste et anarchiste Émile Gauthier (1853-1937). Elle décrit la position de Herbert Spencer, ingénieur sociologue et philosophe (1820-1903). Spencer élabore un système synthétique, l’évolutionnisme, selon lequel tous les phénomènes humains sont soumis à la loi de l’évolution. L’homme doit se soumettre aux lois qui régissent toute la nature, à commencer par la sélection ou « survivance du plus apte ».
Le darwinisme social prône un libéralisme intégral, qui doit permettre mécaniquement l’éviction des plus faibles et la promotion des meilleurs. Pour Spencer, la protection sociale devient l’un des handicaps majeurs au développement des groupes sociaux, ce qui justifiera l’abolition des lois pour les plus démunis et la justification de l’esclavage. Ces considérations sur l’animal humain rencontrent un très grand succès parmi les classes dominantes. Ce succès ne s’est jamais démenti jusqu’à nos jours, dans ses formes actualisées, avortement, euthanasie, culture de mort.
Quatrième dogme : l’eugénisme, mot inventé par Francis Galton (1822-1911), cousin de Charles Darwin. Selon Galton, la sélection doit se poursuivre à l’égard des caractères intellectuels. À cet effet, il faut engager une action de sélection artificielle institutionnalisée qui doit se substituer à la sélection naturelle. L’amélioration ou la dégénérescence de l’espèce humaine dépendent des institutions sociales.
Un eugénisme positif vise à « reconnaître les symptômes des lignées ou races supérieures, et à les favoriser de sorte que leur progéniture soit plus nombreuse et remplace graduellement celle de la vieille race », donc encourager ceux qui ont une génétique supérieure. Un eugénisme négatif croit qu’il faut empêcher ceux dont la génétique est inférieure d’avoir des enfants.
Ce qui était une description deviendra pour des gens dénués d’empathie une prescription, une doctrine afin de justifier les pires crimes contre l’humanité. Il en résultera la fusion entre le darwinisme social et l’eugénisme, pour arriver au transhumanisme.
Un argument strictement libéral vient coiffer ces dogmes. On n’a plus les moyens économiques d’assister les vieux. On renonce à des acquis techniques parce qu’ils coûtent trop cher sur le plan économique. Le libéralisme dicte ces décisions, dans toute sa violence et toute sa froideur.
Dans un climat d’immoralité et d’inversion des valeurs, le matérialisme, le malthusianisme, le darwinisme social, l’eugénisme, le libéralisme, se conjuguent pour imposer et justifier la culture de mort.
Le retour au primitif est une autre explication. L’ésotérisme du politique donne la clé de l’histoire des XXe et XXIe siècles, c’est-à-dire les incidences du Masculin et du Féminin sur la société.
Le christianisme a aboli l’ésotérisme du politique et les cultes du Cosmos. Mais ces pratiques sont revenues en Occident par les poètes et les philosophes, puis elles ont inspiré le rite dit Écossais. La colonne de gauche est surmontée par la Lune, le Féminin ésotérique, en politique le socialisme. La colonne de droite est surmontée par le Soleil, le Masculin ésotérique, en politique le despotisme.
L’imposteur qui dirige la France est un despote républicain adepte du féminisme. Il fait entrer en France des millions d’immigrés musulmans. Il a fait inscrire le sacrifice des enfants dans la Constitution. Il veut une loi sur l’euthanasie. C’est le versement du sang.
Le cosmopolitisme exige le sang, qu’il soit répandu par le Féminin ou le Masculin. Les deux sont révolutionnaires. Les deux croient en l’Éternel retour.
L’ésotérisme du politique, Féminin, Masculin, Éternel retour, Androgynie primordiale, est lié à la mythologie, revenue avec la Renaissance, puis les Temps modernes, qui sont donc régressifs.
Pour l’humain, cette régression au primitif est une déshumanisation. Et cette régression s’accompagne d’une primitivation de la société. Si le modèle n’est plus le civilisé, mais le primitif, la société régresse inéluctablement.
Islam, Renaissance, Réforme, Révolution, mondialisme, le sacrificiel évince le sacrifice du Christ, la crise sacrificielle reprend son cours. La perte de l’intelligence du christianisme entraîne la soumission de l’humanité au diable et à ses adeptes, que l’on soit croyant ou non. Le diable dont la volonté est homicide, ce qui provoque le versement du sang humain.
Par l’inversion moderne, les coupables se prétendent innocents, et ils peuvent tuer les innocents désignés comme coupables au nom du « Bien ». L’avortement généralisé et l’euthanasie programmée s’inscrivent dans cette logique de mort.
Le Sacré chrétien épargne les innocents. Le monde moderne, fondé sur le cosmisme, rend les innocents au sacrifice, en prétendant au progrès, donc au Bien.
De plus, une nouvelle morale bioéthique traduit la dégradation du respect de la vie. L’allègement du fardeau des bouches inutiles constitue une base de cette « morale ». Le professeur Jacques Milliez parle d’un « eugénisme génocidaire » pour qualifier l’eugénisme d’État. Il n’y a pas de différence entre l’eugénisme pratiqué sous le régime nazi et celui pratiqué aujourd’hui à l’égard des personnes handicapées. Hier, on entendait améliorer la race. Aujourd’hui, on veut préserver le bonheur et alléger les souffrances.
La non-discrimination entre l’espèce animale et l’espèce humaine renverse les bases anthropologiques et culturelles de notre civilisation. L’antispécisme prône l’égalité de dignité entre les différentes espèces. Cette assimilation de l’homme à l’animal est fausse au plan scientifique, au plan moral, et au plan philosophique.
L’antispécisme réserve ses critiques à la culture chrétienne qui contredit sa conception de l’homme. Selon la Bible, l’homme a été créé à l’image de Dieu, ce qui n’est pas le cas des animaux. Derrière cela se tient le spectre du post ou transhumanisme. Il faut faire évoluer l’espèce humaine vers une espèce plus forte. Il faut reculer les frontières de la biologie, grâce à la médecine et à la techno-science. Il faut rendre l’homme post-humain par tous les moyens, par une assimilation de l’homme à l’animal. Le but est de s’affranchir des conditions de la nature humaine.
La sacralisation de la violence est une autre base de la nouvelle morale bioéthique. Le bonheur est ici et maintenant. C’est une exigence immédiate, un impératif catégorique. Le bonheur par le corps, c’est-à-dire l’hédonisme, est une aspiration irrésistible, une revendication absolue. Pour cela, il faut faire en sorte que les corps soient glorieux, impeccables. Il y a une sorte de police de la santé et du bien-être.
Le retour aux réflexes de sacrifices de victimes ou de boucs émissaires traduit une régression complète de notre société à des pratiques que le christianisme avait anéanties. Il suffisait de dire ce qu’est un homme pour en déduire qu’il était respectable et qu’on devait tout faire pour le sauver. Désormais, l’homme ne sait plus qui il est. Désormais, l’homme ne se soucie plus de l’humanité, il lui suffit d’être attentif à son chien. Il tend à dévaloriser ce qu’il est lui-même, et à survaloriser des idoles comme l’animal.
Pour toutes ces raisons, l’avortement, l’euthanasie s’insèrent naturellement et logiquement dans la pensée mondialiste totalitaire et constituent des empreintes indélébiles de notre société décadente et déliquescente.
Jean Saunier