
Le gouvernement est très fier d’annoncer que son déficit 2025 n’est que de 5,1 % du PIB (alors qu’il était prévu à 5,4 %). Ce formidable succès serait dû à sa bonne gestion. Affirmer cela, c’est vraiment prendre les gens pour les derniers des imbéciles. La vérité, c’est que notre pays est le plus taxé du monde, que ces taxes ne cessent d’augmenter et que de nouvelles sont encore inventées. Par contre, l’État continue sa cure d’obésité et n’envisage nullement de réduire la voilure. Nous avons donc des dépenses qui ne cessent de croître et prospérer pour le plus grand malheur de notre nation. Ainsi en est-il de l’AME (plus de 1,3 milliards par an à ce jour), de la prise en charge d’innombrables dépenses liées à l’immigration massive, des milliards de subventions données aux associations (plus de 1 milliard en un an rien que pour le ministère de l’Intérieur), l’existence d’une incroyable quantité de structures étatiques ne servant à peu près à rien, etc. Au final, la France vient de passer le cap des 3460 milliards d’€ de dette. Rappelons que Macron – le Mozart de la finance – à lui seul a fait passer notre dette depuis son élection en 2017 de 2263 à 3460 milliards d’€ aujourd’hui. Soit une augmentation de plus de 65 % qui représente une charge supplémentaire de 1197 milliards d’€. Chapeau l’artiste. Et il reste encore un an avant son départ.
À cette situation déjà dramatique vient s’ajouter la crise de l’énergie qui, selon moi, ne fait que commencer. Jusque récemment, le prix d’un litre de carburant pour moteur diesel fluctuait bon an mal an entre 1,50€ et 1,70€. Avec la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, ce prix s’est mis à flamber, passant très largement la barre des 2€ le litre pour arriver à presque 3€ dans certaines régions, comme en région parisienne ou sur les autoroutes. On notera au passage que les hydrocarbures passant par le détroit d’Ormuz, c’est environ 20 à 25 % du total mondial. Par ailleurs, à plus de 80 %, ce pétrole est à destination de la Chine qui est le principal acheteur des hydrocarbures vendus par l’Iran. Comment se fait-il dès lors que cela influe autant sur le prix des carburants en Europe et en France en particulier ? Manifestement, certains profitent honteusement de la situation et de ce mauvais prétexte pour s’en mettre plein les poches. C’est un peu le même genre d’arnaque que les gens ont identifiée depuis longtemps : quand le prix du baril de brent monte, il est immédiatement répercuté à la pompe mais quand il baisse cela prend des semaines avant qu’on ne le constate à la pompe. Entre temps certains font des bénéfices : ce sont les profiteurs de crise.
Reste un élément absolument inquiétant : l’extension du conflit iranien à toute la région allant de la mer Rouge (à l’ouest) jusqu’aux frontières du Pakistan et de l’Afghanistan (à l’est). Et justement c’est le cas avec le Yémen – allié de l’Iran – situé sur la façade est du bas de la mer Rouge (juste en face de Djibouti situé sur la rive ouest). À cet endroit se trouve un autre détroit clé, celui de Bab el-Mandeb. Bloquer ce détroit empêcherait les navires de remonter la mer Rouge et de pouvoir passer par le canal de Suez pour atteindre la Méditerranée et rallier ainsi l’Europe. Si ce devait être le cas, un navire, pour atteindre l’Europe, devrait contourner tout le continent africain pour rejoindre l’Europe. On imagine alors le coût du transport et l’explosion du prix des marchandises à l’arrivée. Or le Yémen vient d’indiquer qu’il allait peut-être bloquer ce détroit. Si cela devenait une réalité, c’est une crise mondiale majeure qui en découlerait et le seul moyen de l’éviter serait d’accepter l’offre de Poutine qui vient de proposer à l’Europe de lui vendre à nouveau du pétrole et du gaz, ce qui aurait comme conséquence d’empêcher notre continent de connaître un nouveau choc pétrolier comme en 1973. Mais l’Europe a décliné l’offre de Poutine montrant une nouvelle fois à cette occasion l’idéologie délirante qui est la sienne. Elle préfère plonger dans une crise majeure dont nous payons déjà chèrement le prix.
Ajoutons que pour l’instant la crise n’est pas encore aussi grave qu’elle pourrait le devenir, mais frappe déjà durement. Plusieurs pays européens ont pris des mesures pour préserver leur économie et ne pas jeter leur population dans une crise économique qui ne manquerait pas de faire des ravages. L’un des seuls pays à ne pas agir de même est la France.
Pardon, pour aider notre pays à faire face à cette situation difficile, le gouvernement vient de décider une aide monumentale de 70 millions d’€ concernant trois professions : les agriculteurs, les marins-pêcheurs et les transporteurs routiers. Et encore, cette aide ridicule ne sera accordée qu’en avril et pas plus. C’est, à dire vrai, une véritable provocation pour ces trois professions. Quant aux autres professions, elles sont purement et simplement abandonnées à leur triste sort. Ainsi, les infirmiers à domicile, les aides à domicile, les taxis, les livreurs, etc. n’auront rien. L’augmentation du prix des carburants, c’est autant en moins sur leurs revenus et demain sur la consommation du pays entier. Un chauffeur de taxi, interviewé a indiqué que pour lui c’était pratiquement 300€ de moins par mois. Ce qui n’est pas rien. Sans parler de tous les Français habitant en province, obligés de prendre leur voiture pour aller au travail. À 2€ le litre c’est déjà un sérieux problème, mais si le prix devait monter à 3€ les gens n’auraient plus les moyens de se déplacer et globalement l’économie ne pourrait plus fonctionner.
Par contre comme dit l’adage bien connu, « à toute chose, malheur est bon ». Et dans le cas présent, l’affaire est excellente pour l’État et le gouvernement. C’est même une aubaine. Trop de gens ignorent la chose, mais le carburant assure une colossale rentrée d’argent à l’État. Ainsi si nous prenons l’exemple d’un litre de carburant pour diesel, le montant des taxes s’élève à 60 % du prix à la pompe. Oui, plus de la moitié du prix ce sont des taxes. Deux taxes pour être précis. D’abord l’accise sur les énergies ou sur les carburants (anciennement nommée « taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques », TICPE) et la seconde est bien sûr la TVA à 20 %. Mais ce qui est fabuleux c’est que cette TVA s’applique une première fois sur le prix du produit sans taxe, mais ensuite elle s’applique en plus sur l’accise. Donc c’est une taxe sur une taxe. Fallait oser. Bercy l’a fait. Et comme je le disais, au final, un litre de carburant c’est 60 % de taxe. Vous l’avez compris, si le prix augmente, les taxes augmentent aussi donc c’est autant de rentrées financières en plus pour l’État qui ces derniers temps cherchait partout des milliards d’€. Cela explique que notre État qui n’a plus rien en caisse est l’un des rares pays à ne pas aider (les mesures prises pour un mois, 70 millions, sont ridicules), mais il n’a aucun problème à donner 1,3 milliard pour l’AME pour les clandestins et des milliards pour les associations, notamment pro-migrants, ou pour la pris en charge des mineurs isolés… Par ailleurs, on rappellera également au lecteur que pour aider l’Ukraine l’Union européenne a déjà versé 194,9 milliards d’€ avec une forte mise à contribution de la France. Un nouveau plan d’aide à l’Ukraine est prévu pour 2026 et 2027 d’un montant de 90 milliards. Il se dit que, sur cette somme, la part de la France serait de 18 milliards d’€ ! Mais il n’y a rien pour aider les Français face à cette crise de l’énergie qui commence à sérieusement impacter le pays… !
Des barrages de camionneurs ont déjà commencé. Franchement, le gouvernement pense-t-il sérieusement que cela va pouvoir durer longtemps ainsi ?
Bernard GERMAIN