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Ségolène Royal à quatre pattes devant le dictateur Tebboune : la gauche, jamais en retard d’une crapulerie.
En janvier 2026, l’Algérie a définitivement adopté une loi criminalisant la colonisation française. Le texte, voté à l’unanimité par l’Assemblée populaire nationale (APN) en décembre 2025, a été examiné et approuvé par le Sénat (Conseil de la nation) le 22 janvier 2026, malgré quelques réserves sur la question des réparations financières.
La colonisation française (1830–1962) est qualifiée de « crime d’État » et de « crime contre l’humanité », imprescriptible. La loi prévoit des peines de prison (jusqu’à 5 ans) pour toute apologie de la colonisation ou propos « à connotation coloniale ». L’Algérie réaffirme son droit à des « excuses officielles » de la France et à une « indemnisation complète et équitable » pour les dommages matériels et moraux, bien que le Sénat ait finalement retoqué l’article exigeant explicitement des réparations financières.
Pour l’Algérie, cette loi vise à consolider la mémoire nationale et à répondre à une demande sociale forte, notamment face à la montée des discours nostalgiques de la colonisation française. Elle s’appuie sur des décennies de revendications, depuis les premières propositions parlementaires en 1984 jusqu’à la réactivation du projet en 2025, après les déclarations d’Emmanuel Macron qui a qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité ».
L’ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, a évoqué la notion de « rente mémorielle » pour décrire la manière dont le régime algérien instrumentalise la mémoire de la colonisation française afin de légitimer son pouvoir et de détourner l’attention des défis internes.
Dans plusieurs interviews et tribunes, Xavier Driencourt a expliqué que le pouvoir algérien utilise la question coloniale comme un levier politique pour renforcer la cohésion nationale autour d’un récit victimaire, notamment face aux divisions internes et aux crises économiques. Il s’agit pour Alger de justifier son autoritarisme en se présentant comme le garant de la souveraineté et de la dignité nationale face à l’ancienne puissance coloniale, et de mobiliser la population contre un ennemi extérieur (la France), ce qui permet de minimiser les critiques envers le régime. L’Algérie est le seul pays au monde dont l’hymne national cite une puissance étrangère, en l’occurrence la France, naturellement pour l’ostraciser.
Les Arabes colonisent l’Afrique du Nord depuis 14 siècles
À partir de 647, les armées arabes commencent à conquérir l’Afrique du Nord. En 698, Carthage tombe, marquant le début de l’arabisation et de l’islamisation de la région. Les sources arabes médiévales (comme Ibn Khaldoun) et les chroniques chrétiennes (comme celle de l’évêque Victor de Vita) évoquent des massacres, des réductions en esclavage et des conversions sous la contrainte, notamment pour les élites et les populations urbaines. Certains historiens, comme Gabriel Camps ou Charles-André Julien, insistent sur les violences de la conquête arabe et la rapidité de la disparition du christianisme.
Le christianisme recule face à l’islam, qui offre des avantages sociaux et fiscaux aux convertis. Les églises sont détruites ou transformées en mosquées. Les communautés chrétiennes qui résistaient (comme les Mozarabes) ont été persécutées, surtout après le Xᵉ siècle, sous les dynasties fatimide et almoravide.
L’arabe devient la langue dominante dans l’administration, le commerce et la religion, marginalisant progressivement le latin et les langues berbères. Les élites romaines et berbères romanisées, porteuses de la culture latine, sont soit éliminées, soit assimilées par le nouveau pouvoir arabe. Leur disparition accélère l’effacement de la culture latine.
La langue latine disparaît comme langue vivante entre le IXᵉ et le XIᵉ siècle, remplacée par l’arabe et les dialectes berbères. Le latin survit cependant dans certains milieux monastiques jusqu’au XIIᵉ siècle. Des communautés chrétiennes subsistent dans certaines régions (comme en Kabylie ou dans le Sahara) jusqu’au XIVᵉ siècle, voire plus tard dans des enclaves isolées.
De nombreuses villes romaines (comme Timgad ou Djemila) sont abandonnées ou transformées, mais des éléments de la culture latine (droit, urbanisme, techniques agricoles) persistent et sont intégrés à la civilisation islamique naissante.
Les populations berbères, souvent christianisées et romanisées, ont été arabisées mais ont aussi résisté (comme lors de la révolte de la Kahina au VIIᵉ siècle). Leur identité culturelle a survécu, notamment dans les montagnes et le Sahara.
L’Afrique du Nord, aujourd’hui majoritairement arabe et musulmane, fut pendant près de sept siècles un foyer de civilisation latine et chrétienne
De la conquête romaine à l’arrivée de l’islam, cette région — correspondant à l’actuel Maroc, Algérie, Tunisie et Libye — a été profondément marquée par la culture romaine, la langue latine et le christianisme. Cet héritage, éclipsé par l’histoire ultérieure, a pourtant façonné les villes, les mentalités et les traditions locales.
Dès le IIᵉ siècle av. J.-C., Rome étend son influence sur l’Afrique du Nord. La province d’Africa Proconsularis, centrée sur Carthage, devient l’un des greniers à blé de l’Empire. Les Romains y fondent des villes comme Timgad (Algérie) ou Volubilis (Maroc), où subsistent encore des ruines de forums, thermes et théâtres. La langue latine s’impose comme langue administrative et culturelle, tandis que le droit romain structure la société.
Les élites locales, souvent issues des populations berbères, adoptent les mœurs romaines. Des auteurs comme Apulée (auteur des Métamorphoses) ou Saint Augustin (né à Thagaste, actuelle Souk Ahras en Algérie) illustrent cette fusion entre culture latine et héritage africain.
Dès le IIᵉ siècle, le christianisme se diffuse en Afrique du Nord, notamment grâce aux communautés juives et aux marchands. Au IVᵉ siècle, il devient la religion dominante. L’Église d’Afrique est alors l’une des plus dynamiques de l’Empire, avec des figures majeures comme Saint Cyprien (évêque de Carthage) ou Saint Augustin, dont les écrits influencent encore la théologie chrétienne.
Les conciles régionaux, comme celui de Carthage (411), témoignent de l’importance de cette Église. L’Afrique du Nord a donné trois papes à l’Église catholique, tous issus de la province romaine d’Afrique (actuelle Tunisie, Algérie, Libye). Aucun pape n’est issu d’Afrique du Nord depuis l’Antiquité tardive, en raison de la disparition progressive du christianisme latin après la conquête arabe.
L’Afrique du Nord a fourni six empereurs romains (ou co-empereurs), principalement issus de la région de Leptis Magna (Libye actuelle) et de la Numidie (Algérie). Parmi eux, Caracalla (211–217), célèbre pour l’édit accordant la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l’Empire.
À partir du Vᵉ siècle, l’Empire romain d’Occident s’effondre sous les coups des invasions barbares. Les Vandales, venus d’Europe, s’emparent de Carthage en 439 et persécutent les chrétiens.
L’arrivée des Arabes musulmans au VIIᵉ siècle marque un tournant. En 698, Carthage tombe aux mains des Omeyyades. La conversion à l’islam et l’arabisation progressive de la population marginalisent le christianisme et le latin. Pourtant, des communautés chrétiennes subsistent jusqu’au XIIᵉ siècle, notamment dans les montagnes ou les oasis.
Bien que l’islam et l’arabe aient dominé à partir du Moyen Âge, des traces de cette époque latine et chrétienne persistent :
Langue : le berbère a conservé de nombreux mots d’origine latine.
Architecture : les églises transformées en mosquées (comme la Grande Mosquée de Kairouan, construite sur un ancien lieu de culte chrétien).
Traditions : certaines fêtes locales, comme la Fête des Lumières en Tunisie, ont des origines chrétiennes.
L’Afrique du Nord regorge de sites archéologiques qui témoignent de son passé romain et chrétien. Voici quelques-uns des plus marquants :
Volubilis (Maroc) : Ancienne cité romaine classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle abrite des mosaïques exceptionnelles, des thermes et des vestiges de basiliques chrétiennes. Les fouilles y révèlent une vie urbaine riche, avec des maisons ornées de motifs mythologiques.
Timgad (Algérie) : Fondée par l’empereur Trajan, cette « Pompéi du désert » est célèbre pour son plan en damier, son arc de triomphe et son théâtre. On y trouve aussi des traces de basiliques, preuve de la christianisation précoce de la région.
Carthage (Tunisie) : Bien que plus connue pour son passé punique, Carthage romaine et byzantine recèle des églises, comme la basilique de Damous El Karita, et des citernes monumentales.
Des fouilles menées ces dernières décennies ont mis au jour des nécropoles chrétiennes (comme à Tipasa, en Algérie) ou des inscriptions latines attestant de la persistance du christianisme bien après la conquête arabe. Par exemple, des stèles funéraires en latin et en grec ont été découvertes dans le sud tunisien, datant du VIIᵉ siècle.
L’Afrique du Nord a produit certains des plus grands auteurs de l’Antiquité tardive, dont les œuvres mêlent influences latines, berbères et orientales.
Apulée (IIᵉ siècle) : Auteur des Métamorphoses (ou L’Âne d’or), un roman initiatique où se mêlent mythes grecs et traditions locales. Son style baroque et son humour en font un classique de la littérature latine.
Saint Augustin (354–430) : Né à Thagaste (actuelle Souk Ahras, Algérie), il est l’auteur des Confessions et de La Cité de Dieu. Ses écrits, à la fois philosophiques et autobiographiques, reflètent les tensions entre foi, raison et héritage païen.
Tertullien (IIᵉ–IIIᵉ siècle) : Père de l’Église latine, il a écrit des traités théologiques en Afrique et a forgé des termes comme « Trinitas » (Trinité).
Qu’est-ce que les Arabes ont produit de plus remarquable en Afrique du Nord ? Les Barbaresques…
Entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle, les ports d’Alger, Tunis et Tripoli furent les épicentres d’un vaste système de piraterie et de traite des esclaves, ciblant principalement les populations européennes. Dirigés par des corsaires connus sous le nom de Barbaresques, ces raids maritimes ont marqué l’histoire méditerranéenne, réduisant en esclavage plus d’un million d’Européens et façonnant les relations entre l’Europe et l’Afrique du Nord. Pourtant, ce chapitre sombre reste largement méconnu, éclipsé par d’autres traites esclavagistes.
La course barbaresque n’était pas une simple activité de piraterie, mais un pilier économique pour les Régences d’Alger, Tunis et Tripoli. Ces cités-États, nominalement sous suzeraineté ottomane, tiraient l’essentiel de leurs revenus de la capture et de la vente d’esclaves, ainsi que des rançons exigées pour leur libération. Les corsaires attaquaient les navires marchands et les villages côtiers, de l’Espagne à l’Islande, en passant par la Provence et la Sicile.
À Alger, le marché aux esclaves était l’un des plus actifs de Méditerranée. Les captifs, une fois vendus, étaient employés comme galériens, domestiques, ou ouvriers dans des conditions souvent mortelles. Les janissaires (soldats d’élite ottomans) et les autorités locales organisaient ce commerce, tandis que les consuls européens négociaient âprement les libérations, parfois pour des sommes exorbitantes. Par exemple, la rançon de Miguel de Cervantès, capturé en 1575, illustre l’ampleur de ce phénomène : sa famille dut payer une fortune pour sa liberté après cinq ans de captivité.
Le XVIIᵉ siècle marqua l’apogée de la traite barbaresque. Les corsaires, équipés de navires rapides et bien armés, étendirent leurs raids jusqu’en Atlantique et dans la Mer du Nord. Des villes entières, comme Baltimore en Irlande (1631) ou Reykjavík en Islande (1627), furent pillées, et leurs habitants emmenés en esclavage.
Les estimations des historiens, comme Robert Davis, montrent que 1 à 1,25 million d’Européens furent capturés entre 1530 et 1780, un chiffre qui dépasse souvent l’imagination contemporaine
Les Régences fonctionnaient comme des États pirates, où la course était non seulement tolérée, mais encouragée par les dirigeants locaux. À Tripoli, les Karamanli (dynastie régnante au XVIIIᵉ siècle) firent de la piraterie un outil de diplomatie, exigeant des tributs des puissances européennes en échange de la paix. Ceux qui refusaient de payer s’exposaient à des représailles immédiates.
L’expédition française de 1830, sous le règne de Charles X, a mis un point final à la traite européenne. Laquelle est un dossier à mettre sur la table des négociations entre Alger et Paris. Le régime FLN a fait de la colonisation un « crime contre l’humanité » et exige excuses et indemnisation ? D’accord, mais alors ce sont tous les pays européens, dont la France, victimes de la traite esclavagiste pratiquée par les Arabes entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle qui doivent demander des réparations !
L’aménagement de l’Algérie a été un gouffre financier pour la France
Bernard Lugan a chiffré à 10 000 le nombre d’écoles primaires construites par les Français en Algérie, permettant une scolarisation massive, notamment après les lois scolaires des années 1950. Environ 1 000 établissements secondaires (collèges et lycées) étaient opérationnels en 1962. La France a laissé 4 universités (Alger, Oran, Constantine, Annaba) et plusieurs grandes écoles (comme l’École polytechnique d’Alger).
En 1962, l’Algérie possédait plus de 300 hôpitaux et cliniques modernes, ainsi que 1 500 dispensaires répartis sur l’ensemble du territoire algérien. Des centaines de centres de soins furent créés pour couvrir les zones rurales, souvent isolées. La France a construit plus de 100 000 km de routes, dont 30 000 km de routes goudronnées et des axes majeurs comme la Transsaharienne.
Environ 4 500 km de voies ferrées reliaient les grandes villes (Alger, Oran, Constantine) et les régions minières. Les ports d’Alger, Oran, Annaba, Béjaïa et Skikda étaient parmi les plus modernes de Méditerranée, équipés d’infrastructures portuaires et de zones industrielles. La France a construit plus de 50 barrages, dont certains majeurs comme celui de Chéliff ou de Fergoug, pour l’irrigation et l’approvisionnement en eau potable. Le réseau électrique couvrait la majorité des villes et une partie des campagnes, avec des centrales hydroélectriques et thermiques.
La France a développé des périmètres irrigués (comme dans la Mitidja ou la plaine d’Oran), des stations agricoles expérimentales, et modernisé les techniques de culture. Des usines (textile, agroalimentaire, métallurgie) et des zones industrielles furent créées, notamment autour d’Alger et d’Oran.
Des centaines de milliers de logements furent construits, notamment pour les populations urbaines, avec des programmes de HLM dans les années 1950. Des villes comme Sidi Bel Abbès, Tizi Ouzou ou Boumerdès furent aménagées selon des plans modernes.
Des historiens comme Daniel Lefeuvre et Jacques Marseille ont clairement montré que l’Algérie avait été un gouffre financier pour la France.
L’Algérie de 1962 a hérité d’un socle infrastructurel exceptionnel pour l’époque, bien supérieur à celui de la plupart des pays africains nouvellement indépendants. En 1962, bien des régions françaises ne possédaient pas un tel niveau d’équipement.
Henri Dubost