
Depuis la loi du 11 mars doublant les peines contre l’homosexualité, le Sénégal connaît une flambée de violences. Traques, agressions, dénonciations : des victimes témoignent.
L’article 319 du Code pénal introduit également le délit d’« apologie de l’homosexualité » – qui peut concerner aussi bien les actions des ONG que les œuvres artistiques ou littéraires –, puni de trois à sept ans de prison. Cette nouvelle législation, plaçant l’homosexualité dans la même catégorie que la zoophilie, la nécrophilie ou la pédophilie, fait ainsi du Sénégal l’un des pays les plus répressifs contre les personnes LGBT+ du continent africain.
Une loi qui libère la violence
La demande de durcissement de la législation contre la communauté homosexuelle n’est pas récente dans ce pays conservateur à majorité musulmane où l’homosexualité est perçue comme une « déviance ». Depuis une vingtaine d’années, des organisations religieuses, telles que Jamra ou And Samm Jikko Yi (« Ensemble pour la sauvegarde des valeurs », en wolof), réclament sa criminalisation.
Clémence Cluzel - Le Point