
Abraham Lincoln
Il y a plus de 50 ans, Jean-Marie Le Pen, qui a prêché dans le désert jusqu’à la fin de sa vie politique, annonçait déjà la catastrophe : l’immigration massive est un poison mortel pour la Nation française. Une Nation peut se relever d’une guerre perdue, d’une faillite de son État, de catastrophes sanitaires comme la peste noire du XIVe siècle ; elle ne peut se relever d’un changement de peuple.
La France a connu de nombreuses vagues d’immigration au XIXe et au début du XXe siècle : Italiens, Espagnols, Portugais, Polonais, Russes… Ces populations venaient de pays européens et partageaient les mêmes mœurs et la même religion – ou culture – chrétienne. Ces vagues, génétiquement très proches de la population française de souche, n’ont pas changé les haplogroupes de cette dernière. Fernand Braudel, historien français et figure majeure de l’école des Annales, a effectivement souligné la grande stabilité des structures démographiques et culturelles en Europe, y compris en France, jusqu’à la première moitié du XXe siècle. Ces populations se sont d’ailleurs assimilées en une ou deux générations au socle national et ont « fait France ». Beaucoup d’enfants de ces immigrés ont été des phares de la culture française, Frédéric Chopin, Marie Curie, Marc Chagall, Igor Stravinsky, Eugène Ionesco, Joseph Kessel, Yves Montand, Charles Aznavour (de la très chrétienne Arménie), Pablo Picasso, et infiniment d’autres.
Est-il nécessaire de préciser que la situation a totalement changé avec les vagues migratoires venant d’Afrique dès l’immédiate après-guerre ? Chacun pressent, au vu des événements qu’égrène l’actualité, que la « Nouvelle France », c’est-à-dire la substitution de la France historique par les nouvelles populations immigrées, ne sera pas un long fleuve tranquille.
La décolonisation de l’Afrique est l’ensemble des processus par lesquels le Continent noir a massivement renvoyé les populations blanches qui s’y étaient installées. Exception faite de l’Afrique du Sud, originellement peuplée de Blancs, mais où la population noire est devenue majoritaire par un différentiel de fécondité très défavorable aux premiers. Il n’est que de regarder ce que sont devenues les villes françaises, pour la plupart, pour constater que notre pays est devenu la colonie de ses anciennes colonies. Mais la décolonisation de l’Afrique montre qu’une remigration massive est possible : il n’est pas utopique de penser que les conditions historiques qui ont abouti à la décolonisation de l’Afrique peuvent se répéter en faveur de l’Europe. Il serait prétentieux de prédire ce que seront ces conditions…
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Il n’est pas inutile de revenir sur la manière dont Abraham Lincoln concevait la coexistence des races blanche et noire sur le même sol des États-Unis.
Figure majeure de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis, Abraham Lincoln considérait néanmoins que les Noirs sont de race inférieure et que l’Apartheid (le mot n’existait pas encore) est une mesure de salubrité publique, aussi bien pour les Blancs que pour les Noirs.
Lincoln a défendu la thèse du « free soil » (ne pas remettre en cause l’esclavage là où il existe). Il était opposé à l’extension de l’esclavage et a finalement aboli cette institution avec la Proclamation d’émancipation (1863) et le 13e amendement (1865). Cependant, ses motivations étaient autant politiques (sauver l’Union) qu’humanitaires. Il a longtemps hésité à abolir l’esclavage, préférant des solutions progressives et indemnisées pour les propriétaires, et il a même envisagé la colonisation des Noirs libres hors des États-Unis.
Les deux extraits de discours suivants, qu’il a prononcés, le premier le 18 septembre 1858 et le second le 1er août 1862 (en pleine guerre de sécession), font du 16e président des États-Unis l’un des tout premiers théoriciens de l’Apartheid. Mot qui vient de l’afrikans et est dérivé du français, et signifie « mise à part, séparation ». Apparu en 1948 en Afrique du Sud, il désigne une politique de développement séparé (afsonderlike ontwikkeling) des populations noire et blanche du pays. On remarquera, non sans quelque étonnement, que c’est sur la bible du même Abraham Lincoln que Barack Obama prêta serment lors de ses deux investitures, les 20 janvier 2013 et 2017. En y ajoutant, il est vrai, celle de Martin Luther King…
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« Ce que je puis désirer le plus est la séparation des races blanches et noires »
« … Je dirai donc que je ne suis pas et je n’ai jamais été en faveur de l’égalité politique et sociale de la race noire et de la race blanche, que je ne veux pas et que je n’ai jamais voulu que les Noirs deviennent jurés ou électeurs ou qu’ils soient autorisés à détenir des charges politiques ou qu’il leur soit permis de se marier avec des Blancs. Je voudrais ajouter qu’il y a une différence physique entre Blancs et Noirs telle qu’elle interdit aux deux races d’être un jour sur le même pied d’égalité, socialement et politiquement. Dans la mesure où les deux races ne peuvent vivre ainsi, il doit y avoir, tant qu’elles resteront ensemble, une position inférieure et une position supérieure. Je désire, tout autant qu’un autre, que la race blanche occupe la position supérieure. »
Source : Teaching American History
The Lincoln-Douglas Debates, 4th Debate, Part 1, September 18th, 1858
https://teachingamericanhistory.org/library/document/the-lincoln-douglas-debates-4th-debate-part-i/
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« Vous et nous [Noirs et Blancs] sommes des races différentes. Il y a entre nous une différence plus importante que celle qui existe entre toutes les autres races. Que ce soit vrai ou faux, nul besoin d’en discuter. Mais cette différence physique est un grand handicap, aussi bien pour vous que pour nous. Je pense que votre race souffre énormément en vivant parmi nous, tandis que la nôtre souffre de votre présence. En un mot, nous souffrons tous. Cela constitue une raison suffisante pour que nous nous séparions. Il est préférable, pour nous tous, que nous soyons séparés. »
Source : COLLECTED WORKS OF ABRAHAM LINCOLN, Vol 5, page 371. Spoken at the White House to a group of black community leaders, August 14th, 1862
https://quod.lib.umich.edu/l/lincoln/lincoln5/1:812?rgn=div1;view=fulltext
Henri Dubost