
Leila Micheloud parlant aux journalistes lors de son arrivée à Sion
Leila Micheloud, dont deux filles ont été blessées dans l'incendie, a souhaité parler en privé aux propriétaires du bar.
La mère de deux jeunes femmes blessées dans l’incendie de Crans-Montana s’est entretenue mercredi avec le couple de Français propriétaires de l’établissement en marge d’une audition, un moment «rare» selon leurs avocats qui n’ont pas souhaité révéler les mots échangés.
Leila Micheloud, dont deux de ses filles ont été brûlées au bar Le Constellation, tenait à être présente à Sion où Jacques Moretti est auditionné mercredi par les avocats des parties civiles. «C’est un chemin de guérison. On attend des réponses, la vérité, qu’ils disent la vérité, on ne demande rien de plus», a déclaré Mme Micheloud aux journalistes en arrivant à cette audition, qui n’est pas publique.
Lorsque la séance du matin a pris fin, cette mère – la seule proche des victimes ayant assisté à l’audition – a souhaité «s’entretenir en privé» avec les Moretti pendant la pause, a expliqué son avocat, Me Sébastien Fanti, aux côtés des avocats du couple. «Ce fut un moment extrêmement intense et humainement rare», a-t-il dit.
« Un temps d'humanité à avoir »
«Pour pouvoir se comprendre, pour pouvoir se parler, pour pouvoir se pardonner, il faut s’entretenir», a-t-il poursuivi, tout en soulignant : «Il y aura un temps pour dire qui est responsable de quoi, mais il y a aussi un temps d’humanité à avoir, en pensée avec toutes les victimes, avec tous les blessés».
Me Yaël Hayat, qui représente les Moretti, a qualifié cette rencontre, qui a duré une vingtaine de minutes, d'«instant rare». «Pour les uns et pour les autres, cet instant va peut-être être un moment d’apaisement dans une souffrance partagée», a-t-elle dit.
«Ce qui a marqué cet échange, c’est cette spontanéité, ce besoin mutuel de pouvoir se parler. Évidemment si d’autres ressentent le même besoin, les époux Moretti seront présents également», a assuré leur autre avocat, Me Nicola Meier. Jessica Moretti doit pour sa part être auditionnée jeudi.
«L’audition d’aujourd’hui est cruciale» car «nous attendons des réponses importantes» sur la sécurité mais aussi sur «le nombre de personnes présentes» dans le bar au moment du drame et sur «la vente d’alcool aux mineurs», a expliqué Me Fabrizio Ventimiglia, avocat italien de parties civiles.
Jusqu’à présent, «chacun essaie de reporter la faute sur les autres», a déploré mercredi Me Didier Elsig, qui représente plusieurs familles de victimes. «Mais l’enquête va progresser et on y arrivera».
L’enquête s’annonce longue. Selon le ministère public valaisan, depuis le 1ᵉʳ janvier, une cinquantaine d’ordonnances et de mandats ont été émis, plus d’une dizaine d’auditions ont été menées et plusieurs commissions rogatoires internationales ont été requises.
Le dossier «comprend près de 2000 pages et comporte plus de 8500 pièces physiques. 263 parties civiles sont annoncées et représentées par 74 avocats», a-t-il indiqué lundi.
La Rédaction