
Éloges étonnants - Jean-Luc Mélenchon a visité lundi une usine du groupe Dassault à Cergy, l’occasion pour le leader de LFI d’encenser l’avionneur français
Sans vraiment le dire, Jean-Luc Mélenchon est en campagne. Et lundi, le leader de LFI avait rendez-vous chez un grand patron. Il a en effet visité une usine du groupe Dassault à Cergy, en compagnie de son PDG Éric Trappier. L’occasion pour l’Insoumis de vanter les mérites de l’avionneur français.
Une amitié surprenante avec Serge Dassault
« Je suis un fan du Rafale dans l’aviation mondiale », a lancé le fondateur de LFI en arpentant cette usine moderne, inaugurée en 2025, où des fuselages de Falcon (avions civils) et Rafale (avions militaires) sont assemblés. « J’admire beaucoup la maison Dassault, le travail qui a été fait pendant toutes ces années », a ajouté Jean-Luc Mélenchon.
Le fer de lance de la gauche radicale en a également profité pour revenir sur l’amitié surprenante qui le liait à Serge Dassault, figure de la droite qu’il a bien connue dans l’Essonne, quand les deux étaient élus dans ce département. « Serge Dassault je l’estimais, on avait de bonnes relations. On est chacun l’amitié la plus improbable de la vie de l’autre. On s’est affronté aux sénatoriales et ça a créé des liens personnels », a-t-il lancé à son arrivée, accompagné du député LFI du Val-d’Oise Aurélien Taché.
La visite a aussi été l’occasion d’échanges cordiaux et teintés d’humour avec Éric Trappier, alors que Jean-Luc Mélenchon, qui semble plus proche que jamais d’une quatrième candidature à la présidentielle, cherche à parler aux patrons en cette période de précampagne.
Une pique contre le centre
« On est au cœur du cœur du savoir-faire français en termes d'avion de combat. On fait beaucoup mieux, avec beaucoup moins de monde, que les Américains pour réaliser un avion qui sait tout faire », a ainsi vanté le PDG du géant français de la défense. « Je vais m’en occuper de dire qu’on est les meilleurs », lui a répondu Jean-Luc Mélenchon.
En montrant au fondateur de LFI le fuselage d’un avion, Éric Trappier lui a également expliqué : « Sur les avions il y a la gauche et la droite, mais jamais le centre ». « Ça ne sert jamais à rien nulle part le centre », a rétorqué dans un sourire le visiteur.
L’image de Jean-Luc Mélenchon, qui ne cesse de se présenter comme un militant de la paix, au milieu d’avions de combat pourrait étonner. « Je ne suis pour faire la guerre à personne. Mais personne ne doit croire qu’il peut nous la faire sans qu’il lui en coûte très lourdement », a-t-il expliqué.
Cette visite était également l’occasion pour le leader de LFI d’aborder le sujet de l’aviation spatiale, qu’il souhaite également pousser pendant la présidentielle. Un axe de convergence, semble-t-il, avec Éric Trappier. « L’avion spatial c’est important. Mais ça n’intéresse personne en France », a souligné ce dernier. « La dissuasion spatiale, non-nucléaire, est une idée neuve. Les projets militaires actuels sont archaïques », a appuyé le patriarche insoumis.
La Rédaction avec AFP