
La ville de Saint-Denis a été le théâtre, ce samedi, d’un « grand rassemblement citoyen » organisé par le maire La France insoumise Bally Bagayoko, nouvellement élu à la mairie. Présenté comme une mobilisation contre le racisme et les discriminations, cet événement a en réalité révélé les divisions profondes de la gauche, l’instrumentalisation de la question raciale à des fins politiques, et l’hypocrisie du pouvoir macroniste.
Un maire problématique, symbole d’une gauche divisée et radicale
Bally Bagayoko, élu maire de Saint-Denis le 15 mars, est devenu en quelques semaines la figure de proue d’une gauche radicale qui ne cesse de jouer la carte de la victimisation. Depuis son élection, il est la cible de critiques, non pas en raison de sa couleur de peau, mais de ses déclarations polémiques et de son projet politique calamiteux. Il a notamment affirmé que « les fonctionnaires sont avant tout des gens qui répondent en fait à une commande politique », leur demandant au mépris des règles républicaines de faire « allégeance » au projet politique de la nouvelle équipe municipale. Une sortie qui a choqué bien au-delà des cercles politiques. Il vient par ailleurs de désarmer la police municipale, une décision irresponsable, manifestement prise pour le plus grand profit des narcotrafiquants.
Le psychologue Jean Doridot, invité sur CNews le 27 mars avait déclaré sur la chaîne de Vincent Bolloré : « Il est important de rappeler que l’homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu – nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus –, il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité. ». Des propos, relevant de l’anthropologie, science qui n’est pas encore interdite par la bien-pensance, qui sont devenus dans la bouche des décérébrés de la gauche, extrême ou non : « Cnews dit que Bagayoko est un grand singe ». Quelques jours plus tard, toujours sur Cnews, le philosophe Michel Onfray aggravait le cas de la chaîne en parlant de « mâle dominant », une catégorie de la psychologie qui méritait le détour en toute innocence, compte tenu du terme « allégeance » prononcé par M. Bagayoko.
Ces propos, ou plutôt leur déformation, ont suscité une vague d’indignation. Plusieurs personnalités politiques, dont Mathilde Panot (LFI), ont dénoncé un « racisme crasse et décomplexé ». Bally Bagayoko a déposé plainte contre CNews, Jean Doridot et Michel Onfray. Le ministre Nunez déclarait à l’Assemblée nationale que ces propos étaient « ignobles » et demandait au préfet de la Seine Saint-Denis de se porter partie civile. Avant de rétropédaler le lendemain, parlant simplement de « propos allusifs ». Le même Nunez qui, quelques jours avant, à la Grande Mosquée de Paris, la deuxième ambassade de l’Algérie en France, avait sidéré l’opinion publique en déclarant au Recteur : « Et tu sais, mon cher Chems, combien le président de la République est attaché à développer et à mieux faire connaître l’islam », montrant le degré de collusion du pouvoir avec le régime algérien et sa volonté de favoriser l’entrisme des Frères musulmans dans tous les rouages de l’État.
Une manifestation politique, pas citoyenne
Présenté comme un « rassemblement citoyen », l’événement de Saint-Denis n’a en réalité été qu’une tribune pour l’extrême gauche et ses alliés. Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot, Sophia Chikirou, Éric Coquerel et d’autres figures de LFI étaient présents, transformant la lutte contre le racisme en meeting politique. Même le Parti socialiste et SOS Racisme, pourtant habitués à ces grands-messes, se sont fait siffler par la foule, révélant les tensions internes à la gauche. Un symbole fort : l’antiracisme version LFI n’est plus celui de la République, mais celui de la frange radicale de la gauche.
L’absence du gouvernement qui botte en touche
Après avoir hurlé avec les loups par la bouche du ministre Nunez, le gouvernement a brillé par son absence. Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de la lutte contre les discriminations, a rappelé que « ce n’est pas le rôle de l’État d’être dans une manifestation citoyenne ». Une position partagée par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, qui a souligné que « le combat contre le racisme est complètement partagé par le gouvernement et par l’État », mais que la présence ministérielle aurait pu être interprétée comme une caution à un événement clairement politisé.
Quelques milliers de manifestants, malgré le battage médiatique
Vu le ramdam qui avait été fait par le ban et l’arrière-ban de la gauche et de l’extrême gauche, et de ses nombreux relais médiatiques, on pouvait s’attendre à mieux, question fréquentation. La presse de gauche parle d’une foule « dense », avec une évaluation allant de 10 000 à 20 000 personnes. Selon des observateurs plus impartiaux, on peut diviser ces évaluations par 2. Ce n’était donc pas un succès de foule, à loin près. Si les organisateurs se félicitent d’avoir rassemblé des « milliers de personnes », la question du fond reste posée. Les pancartes brandies, les discours enflammés de Mélenchon, les sifflets contre le PS et SOS Racisme : tout cela montre que l’antiracisme est devenu un enjeu de lutte politique, bien loin des « valeurs républicaines » brandies par la classe politique. Les vrais enjeux – la sécurité, l’intégration, la lutte contre les communautarismes – ont évidemment été soigneusement évités, au profit d’un discours victimaire et larmoyant, où la volonté de censure de la gauche – qui est dans son ADN – était clairement affichée. Les intervenants, Bagayoko en tête, ont tous exigé de la « justice républicaine » qu’elle procède à la fermeture de Cnews. Il est vrai que la gauche avait obtenu une belle victoire avec la fermeture de C8. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?
Le RN dénonce un « racisme d’État déguisé »
Pour le RN, ce rassemblement est la preuve que la gauche et une partie des médias cherchent à imposer une vision angélique de l’immigration et du vivre-ensemble, tout en diabolisant ceux qui osent poser la question de l’identité nationale. « On nous traite de racistes dès qu’on parle d’ordre, de sécurité ou de contrôle de l’immigration », dénonce un responsable du Rassemblement National. « Pendant ce temps, on laisse des élus comme Bagayoko diviser les Français et instrumentaliser la question raciale pour masquer leur propre échec politique. »
Le « grand rassemblement citoyen » de Saint-Denis restera dans les mémoires comme un exemple frappant de la récupération politique de la lutte contre le racisme. Il a confirmé les fractures de la gauche, l’hypocrisie de certains antiracistes, et l’incapacité de LFI à incarner autre chose qu’une radicalité stérile. Mélenchon espérait un raz-de-marée de la « Nouvelle France » sur laquelle il compte pour accéder au pouvoir. Raté : ce samedi, la ville emblématique de la conquête de la République par le Lider maximo était loin d’être noire de monde…
Henri Dubost