
« Je salue le courage du peuple ukrainien qui résiste sous le feu des armes. Au nom des Français, j’adresse au Président Zelenski le soutien fraternel de la France. Il est aujourd’hui le visage de l’honneur, de la liberté et de la bravoure… » (Emmanuel Macron).
Il y a bien longtemps que je n’avais rien écrit sur la guerre en Ukraine. Comme nos dirigeants ont coupé tous les canaux d’information provenant de Russie et comme ce qu’on nous dit sur cette guerre tient davantage de l’intoxication que de la vérité, il est difficile de se faire une opinion.
Il se trouve que, dans les notifications – souvent invérifiables – que je reçois tous les jours, je découvre que selon un sondage effectué auprès du peuple ukrainien, 75 % des sondés voudraient que le front des combats soit gelé. Le peuple ukrainien n’en peut plus. Il en a assez de cette guerre et des nombreuses affaires de corruption qui touchent l’entourage immédiat de Volodymyr Zelenski lequel, pour l’instant, passe à travers les gouttes mais personne n’est dupe : cet ex-pitre télévisuel a bâti une fortune dont l’origine interroge. De nombreux Ukrainiens qualifient leur président de « mafieux ».
Je présume que le peuple russe, lui aussi, voudrait que cette guerre se termine. Ce conflit est entré dans sa quatrième année. Pour l’ex-URSS, il a donc duré plus longtemps que la Seconde Guerre mondiale (commencée le 22 juin 1941 et terminée le 9 mai 1945).
Quel est le bilan humain de ce conflit qui s’éternise ? Là encore, il est difficile d’avancer des chiffres car les deux belligérants ont tendance à minorer leurs propres pertes et à amplifier celles de l’adversaire. Quant aux médias occidentaux, qui ont choisi leur camp, ils diffusent des chiffres assez peu crédibles sur les morts russes mais sont relativement discrets sur ceux de l’Ukraine. Il est donc difficile de démêler le vrai du faux. La BBC affirme que le nombre de morts parmi les forces russes, (en ne comptant que les militaires et les mercenaires), serait supérieur à 90 000 fin février 2024.
De son côté, le secrétaire à la Défense des USA, Lloyd Austin, annonçait le 7 décembre 2025, que la Russie aurait subi 700 000 pertes, militaires et civils compris. Ce chiffre est-il crédible ? Je n’en sais rien ! Je sais, en revanche, que les pertes de l’URSS pendant la Seconde Guerre mondiale, toutes causes confondues, sont de 26,6 millions de morts (civils et militaires), dont 478 741 morts et 650 878 blessés pour la seule bataille de Stalingrad. Sans être cynique, j’ai envie de dire que les Russes ont les moyens humains de gagner cette guerre. Ils ont le nombre ! Ayant étudié, il y a quelques années, la guerre civile d’Espagne, je me demande si Poutine ne cherche pas à faire durer le conflit pour laminer son adversaire. C’est ce qu’a fait Franco du 17 juillet 1936 au 1er avril 1939. Il aurait pu gagner la guerre en deux ans mais il voulait écraser durablement le camp adverse.
Du côté ukrainien, c’est l’omerta ; nous sommes dans le flou le plus total. Au 25 février 2024, l’Ukraine confirmait la mort de 31 000 de ses soldats. Et, ce chiffre était porté à 44 712 le 10 mars 2024. En matière de décès confirmés d’officiers, des deux belligérants annonçaient fin février 2024 des chiffres assez similaires, avec 3 154 officiers russes tués pour 3 063 officiers ukrainiens.
Depuis le début de ce conflit, on nous dit que le peuple ukrainien est prêt, massivement, à mourir pour sa patrie. Personnellement, je n’en suis pas convaincu. En juin 2024, j’ai vadrouillé en Hongrie et en Slovaquie, deux pays frontaliers de l’Ukraine. Après un peu plus de deux ans de guerre, j’ai été frappé par le nombre important d’Ukrainiens, jeunes pour la plupart, ayant fui leur pays.
Depuis, la situation s’est aggravée. Zelenski change sans arrêt de ministre de la Défense (et de chef d’état-major des armées), bien souvent après des affaires de corruption. Il vient de nommer un jeune ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, diplômé de la « Yale School of Management », qui occupait précédemment le poste de ministre de la Transformation numérique. Et voilà que, lors de son discours de nomination devant la Rada, le nouveau ministre a dressé un constat alarmant de la situation militaire (et financière) du pays. Il a déclaré hériter d’un département marqué par un déficit de 300 milliards de hryvnias (soit environ 6,7 millions de dollars). Et il a ajouté : « Je ne veux pas être populiste, je veux être réaliste. Le ministère de la Défense arrive entre mes mains avec deux millions d’Ukrainiens recherchés (pour avoir échappé à la mobilisation) et 200 000 déserteurs ».
Les chiffres officiels confirment cette situation. Le « Kyiv Post », dont les sources émanent du procureur général, nous apprend que près de 290 000 affaires pénales pour abandon d’unité ont été enregistrées entre le début du conflit et la fin septembre 2025. Pour tenter d’endiguer ces fuites, un mécanisme simplifié a permis à plus de 29 000 soldats de réintégrer les forces armées ukrainiennes après un premier départ non autorisé. Mykhaïlo Fedorov s’est engagé à mener un audit complet des « Centres de Recrutement Territoriaux ». L’objectif visé est de réformer le système de formation militaire pour améliorer l’efficacité des troupes et réduire les pertes. Le ministre souhaite également numériser le fonctionnement de l’armée, et augmenter fortement le nombre de robots et de drones pour limiter la casse humaine. C’est louable d’autant plus que cette restructuration intervient alors que l’armée ukrainienne perd du terrain face aux troupes russes, particulièrement dans la région de Donetsk, tout en subissant des frappes sur ses infrastructures.
On nous dit que cet hiver, avec des températures descendant jusqu’à – 20 °C, serait le plus rude depuis le début du conflit et que plus d’un million d’Ukrainiens seraient privés de chauffage. Il est grand temps d’arrêter le massacre ! Il est grand temps d’arrêter de faire tuer des soldats (et des civils) dans une guerre qui pourrait être terminée depuis longtemps si l’Europe et les États-Unis ne s’ingéniaient à la faire durer. L’Ukraine n’est membre ni de l’UE, ni de l’OTAN. Ce conflit entre frères ennemis ne devrait donc pas nous concerner. Or depuis février 2022, l’UE a apporté une aide civile et humanitaire évaluée à 67,3 milliards d’euros à l’Ukraine. En 2023, afin de continuer à soutenir Zelenski, l’UE a encore fourni une aide de 19,5 milliards d’euros, dont un ensemble de « mesures de soutien » de 18 milliards d’euros sous la forme de prêts consentis à des conditions favorables. Et lors du Conseil du 18 décembre 2025, les dirigeants européens « dans leur grande majorité » ont accordé à l’Ukraine un prêt de 90 milliards d’euros pour les années 2026-2027. Cette aide se fonde sur un emprunt commun de 24 pays (sans la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque qui ont fait part de leurs réticences à soutenir financièrement l’Ukraine). 24 dirigeants des États membres ont accepté de financer l’Ukraine à hauteur de 90 milliards d’euros. Mais l’Ukraine ne devra rembourser ce prêt qu’une fois qu’elle aura reçu des « réparations de guerre » de la Russie, autant dire… jamais.
« Et en même temps » comme dirait l’avorton présidentiel, notre économie souffre et nos agriculteurs crèvent des importations massives de poulets ou de céréales ukrainiens.
Mais ne vous y trompez pas, cette guerre est voulue car elle arrange tous le monde : Vladimir Poutine, dont le pays survit à peu près bien grâce à son économie de guerre, veut recréer l’empire russe (ou celui de l’ex-URSS). Donald Trump – qui est avant tout un homme d’affaires – a réussi l’exploit de vendre des armes à l’Ukraine en les faisant payer par l’UE. Zelenski veut se maintenir au pouvoir et continuer les activités mafieuses fort lucratives auxquelles il doit sa fortune. Ursula von der Leyen et les dirigeants européens ambitionnent de créer une Europe de la Défense, une armée européenne, après avoir échoué, lors de la pandémie de Covid-19, à nous imposer l’Europe de la Santé. Macron, enfin, ce clown qui parade en combinaison d’aviateur, veut exister à l’international. Il rêve d’être le grand manitou d’une nouvelle « Communauté Européenne de Défense », la CED, cette institution mort-née, chez nous en France, en 1954.
Alors, pour ces gens-là, quelques centaines de milliers de morts comptent peu !
Depuis le début du conflit en Ukraine, c’est l’Europe (dont la France) qui souffre. Il est assez vraisemblable que c’est la Russie qui finira par gagner cette guerre. Mais quel que soit le vainqueur, nous Européens, nous Français, nous serons les perdants !
Eric de Verdelhan