
JORDAN m'a trompée !
"Au pays de l'entubage anesthésique, voici, annoncé en grandes manchettes dorées sur les gazettes brunes, "notre Ken national, bas du front, a trouvé sa Barbie molle" !
La une de "point de vue, images du monde", fait tressaillir la ménagère de moins de 50 ans, électrice fidèle du rassemblement national, qui avait posé la photo de son idole sur sa table de chevet. Avec son doigt humide elle écrit sur le mur : "Jordan m''a trompée !".
Car oui, derrière le conte de fées version télé-réalité aristocratique, se cache une évidence presque programmatique : le président du parti d’extrême droite est désormais lié à une héritière cousue d’or. Rien d’étonnant. C’était en filigrane dans son logiciel idéologique : "S'il faut coucher, disait-il, autant que la fortune soit sous l'oreiller !".
Cette démonstration pour l'amour des pompom girls du Cac 40 met au grand jour, l'aversion de Ken pour les pauvres, les sans-dents (comme les nommait l'usurpateur socialiste), les smicards et les travailleurs.
Car n’oublions pas : notre Ken, si lisse qu’on pourrait s’y mirer, cultive une philosophie de salon feutré :
« Pourquoi travailler quand d’autres peuvent le faire pour vous ? » Un slogan qui sonne comme un mot d’ordre de club privé, pas vraiment comme un projet de société.
Et voilà que la presse nous révèle l’identité de la fameuse Barbie : Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. Rien que le nom évoque un menu dégustation dans un château napolitain.
Qui est-elle vraiment ? Une princesse de papier glacé, descendante d’une dynastie qui a perdu son royaume mais conservé le goût des dorures, naviguant entre galas mondains et héritages bien gardés. Une aristocratie hors-sol, où l’on serre des mains gantées sans jamais croiser celles qui travaillent. En résumé : une noblesse d’apparat, plus habituée aux bals qu’aux fins de mois.
"Des deux Siciles" ! Notre Ken découvre ainsi "l'amour à plusieurs". C'est le "grand bain" pour notre puceau national ! Tout l'électorat lepeniste prie pour qu'il ne coule pas à pic; ivre de Bourbon entre les cuisses blanches et fermes de ces deux fameuses Siciles épilées. "
Pendant que la presse droitarde s’applique à noyer le poisson — ou plutôt à diluer le poison nationaliste dans un bain moussant de romances aristocratiques —, d’autres officines médiatiques s’activent en coulisses. Là, on ne parle plus d’amour, mais de fabrication industrielle du soupçon.
Les rotatives chauffent encore des fausses polémiques visant La France insoumise : la prétendue affaire Rima Hassan, montée en épingle comme un soufflé trop battu, ou encore la fantasmée augmentation des indemnités du maire de Roubaix, recyclée en indignation prête-à-consommer.
D’un côté, on distrait avec des contes de fées pour grandes fortunes. De l’autre, on intoxique à coups de fake news bien calibrées. Entre divertissement doré et désinformation crasse, la mécanique tourne à plein régime.
Pauvre France !
Marc Arnaud