
Lors de son discours très attendu, le président américain s'est exprimé sur l'Ukraine, le Groenland, la Suisse et s'est moqué de Macron.
Le président américain Donald Trump est arrivé mercredi peu avant 14 h à Davos, pour le Forum économique mondial (WEF), avec un discours très attendu. Initialement prévu à 14h30, il a débuté avec moins de 10 minutes de retard.
Donald Trump a affirmé que l’Europe n’allait «pas dans la bonne direction» au début de son discours. Le président américain a aussi estimé que les États-Unis étaient «le moteur» de l’économie mondiale: «Quand l’Amérique prospère, le monde prospère (...). Quand elle va mal, ça va mal pour tout le monde», a-t-il lancé.
Groenland
Le locataire de la Maison-Blanche a affirmé que seule la «grande puissance» des États-Unis «est capable de défendre le Groenland» et accusé le Danemark de faire preuve d'«ingratitude». Il a appelé à ouvrir des «négociations immédiates» en vue de l’acquisition par les États-Unis du Groenland, affirmant que «seul» son pays peut «protéger» ce «morceau colossal de glace».
«Les gens pensaient que j’utiliserais la force. Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force», a-t-il cependant souligné au sujet du territoire autonome danois qu’il veut placer sous pavillon américain.
«Tout allié de l’OTAN a l’obligation d’être capable de défendre son propre territoire. Et le fait est qu’aucune nation ou groupe de nations n’est en mesure de défendre le Groenland autre que les États-Unis. Nous sommes une grande puissance, bien plus grande que ce que les gens imaginent», a-t-il enchaîné.
Ukraine
Donald Trump a jugé que c’était à l’OTAN et à l’Europe «de s’occuper de l’Ukraine», et pas aux États-Unis.
«Qu’est-ce que les États-Unis retirent de tout ce travail, de tout cet argent, autre que mort, destruction et des sommes d’argent colossales qui vont vers des gens qui n’apprécient pas ce que nous faisons? Ils n’apprécient pas ce qu’on fait, je parle de l’OTAN, je parle de l’Europe. C’est à eux de s’occuper de l’Ukraine, pas à nous. Les États-Unis sont très loin, un grand et bel océan nous sépare. Nous n’avons rien à voir avec ça», a développé le président américain.
Donald Trump a néanmoins annoncé qu’il allait rencontrer son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky dans la journée à Davos – Trump a dit après sa prise de parole que la rencontre devrait avoir lieu jeudi, car Zelensky est en fait ce mercredi à Kiev, comme l’a indiqué la présidence ukrainienne.
Canada
Donald Trump a aussi déclaré que son voisin canadien «existe grâce aux États-Unis», au lendemain du discours du Premier ministre Mark Carney évoquant la «fracture» de l’ordre mondial.
«Le Canada reçoit beaucoup de choses gratuitement de notre part, soit dit en passant. Il devrait aussi nous être reconnaissant, mais il ne l’est pas. J’ai regardé votre Premier ministre hier. Il n’était pas très reconnaissant. Les Canadiens devraient nous être reconnaissants», a déclaré le président, qui martèle depuis des mois vouloir faire du Canada le 51e État américain.
Macron
Le président américain, en passant, s'est moqué de son homologue français, qui est apparu la veille à Davos avec des lunettes de soleil pour masquer un problème à l'œil. «Très belles lunettes», a-t-il glissé avant de balancer qu'Emmanuel Macron «a joué le dur à cuire».
La Suisse
Le président a parlé des négociations sur les droits de douane avec la Suisse. Il a présenté notre pays comme un «endroit formidable», mais qui gagne de l’argent aux États-Unis sans rien donner en retour. Donald Trump est revenu sur son appel avec la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, qui avait tant fait parler. «Elle n'arrêtait pas de répéter: «Vous ne pouvez pas faire ça, nous sommes un petit pays». Elle m'a vraiment agacé, pour être honnête», a-t-il tranché – «she just rubbed me the wrong way» –, manifestement sans se souvenir de son nom.
Puis il évoqué la visite des lobbyistes suisses, «même Rolex». «Et là, j'ai compris: sans nous, la Suisse ne serait pas la Suisse».
Une « bombe » ?
« Il va lâcher une bombe ! » : entre inquiétude sur la situation géopolitique et envie «d’en être», une immense file d’attente s’était formée dans le centre de congrès de Davos avant même la prise de parole de Donald Trump, attendu comme une véritable star.
Des centaines de participants au forum des riches et puissants dans les Alpes suisses ont patiemment attendu, plus de deux heures avant son arrivée, dans une longue queue serpentant dans le centre de congrès, de pouvoir entrer dans l’auditorium où le chef de la première puissance mondiale devait prendre la parole.
«C’est comme un festival de rock», plaisante l’un d’eux. «Oui!», approuve son compagnon d’attente.
Le président avait rejoint avec retard la station chic des Alpes, à la suite d’un problème à bord d’Air Force One qui l’a contraint à faire demi-tour en vol et prendre un autre appareil. Donald Trump est arrivé mercredi à la mi-journée à Zurich avec environ deux heures de retard.
Louis Laugiéri - La France Libérée