
«… Si la Franc-maçonnerie était jadis un esprit, d’ailleurs absurde, une pensée, d’ailleurs erronée, une propagande, d’ailleurs funeste, pour un corps d’idées désintéressées ; elle n’est aujourd’hui plus animée ni soutenue que par la communauté des ambitions grégaires et des appétits individuels… » (Charles Maurras, « Dictionnaire politique et critique », 1932).
Le mère Veau-Train fait partie de ces traîtres soi-disant de droite qui se sont vendus, sans le moindre état d’âme, à Macron et son extrême-centre. Des gens sans colonne vertébrale, sans véritables convictions, sans valeurs morales ; des parvenus ambitieux, sans foi ni loi, prêts à toutes les bassesses pour vivre grassement dans le marigot politique dans lequel ils barbotent allègrement. Une presse complice les appelle nos élites alors qu’ils sont bien souvent en charge de ministères au sein desquels ils n’ont pas la moindre compétence. La mère Veau-Train a été nommé ministre des Armées et des anciens combattants. Que connait-elle des problèmes touchant la défense nationale ? Rien, nada, que dalle !
À ce poste, elle a succédé à un autre traître, Sébastien Le Cornecul devenu Premier ministre. Le Cornecul était lieutenant de réserve dans la gendarmerie ce qui ne faisait pas de lui un spécialiste des questions militaires. Macron l’a fait nommer… colonel, sautant les grades de capitaine, commandant et lieutenant-colonel. À défaut d’être plus compétent, il est plus gradé. Aussitôt nommé, Le Cornecul a fait la courte échelle à son ami Alexandre Ben-Allah, qui était à l’époque le mameluk de Macron. Il est passé de brigadier de gendarmerie à… lieutenant-colonel. On se croirait revenu sous l’occupation où des résistants, bien souvent en peau de lapin, caporaux en 1940, s’attribuaient en 1944-45 des galons de colonels. On a même vu, à cette époque, des colonels FTP (1) à six galons. Mais revenons à notre sujet du jour, à savoir la mère Veau-Train…
Le Canard enchaîné vient de lever un lièvre qui, dans un pays normal, devrait coûter son poste à madame la ministre des Armées (ou ministre désarmée ?). Elle aurait fait ficher des généraux candidats aux dernières élections municipales, ce qui est rigoureusement interdit par la loi. De plus, son fichier cible quasi exclusivement des officiers proches de la droite, c’est donc une surveillance politique plus qu’un contrôle déontologique. Derrière cette mesure totalement illégale se pose une autre question : à quoi sert ce fichier ? Va-t-il réellement servir : mutations, promotions, affectations ? Le silence du pouvoir pourrait valoir aveu. Quand un gouvernement qui se réclame de l’État de droit commence à ficher ses généraux selon leur couleur politique, c’est une atteinte à la démocratie. Or le Canard enchaîné nous apprend que la ministre a fait établir un tableau confidentiel recensant 57 hauts gradés candidats aux élections municipales de 2026, en précisant, ville par ville et corps par corps, leurs étiquettes politiques respectives.
La précision du document est troublante. Il ne s’agit pas d’une note de synthèse approximative rédigée à la va-vite pour un usage interne. Le tableau recense les généraux élus et ceux qui ont été battus ; ils sont classés par grade, par arme et par parti politique. Ils sont étiquetés divers droite ou sans étiquette. On y trouve le général Bertrand Houitte de La Chesnais, élu conseiller municipal à Carpentras, dont la fiche mentionne qu’il a dirigé la campagne d’Éric Zemmour en 2022. Ce fichier cible les officiers supérieurs qui s’engagent du côté de la droite et surtout de la droite populaire. Ce choix ne doit rien au hasard ; il faut y voir la volonté de cataloguer des officiers selon leurs sympathies droitières et à identifier ceux qui se rapprochent de partis que le gouvernement considère comme des adversaires voire carrément des ennemis.
On peut m’objecter que le statut de militaire impose un devoir de réserve, et qu’un ministre est fondé à surveiller les engagements publics de ses subordonnés. Certes, mais ce droit de regard a des limites définies par la loi. La constitution d’un fichier renseignant les appartenances politiques en fait partie. Ce qu’a fait la mère Veau-Train est totalement interdit par la loi ! Cette affaire, malgré l’omerta des médias, est un scandale. Les affinités des généraux ne sont ni une faute professionnelle ni une menace. Elles font partie du pluralisme républicain. Il y a, dans la démarche illégale de la ministre, l’idée que l’engagement politique d’un général à droite serait, par nature, problématique.
C’est une forme de présomption de suspicion qui ne dit pas son nom. Pour les généraux eux-mêmes, la signification du message est claire : leur engagement civique est légalement permis, mais il sera fiché, catalogué et retenu. L’intimidation n’a pas besoin d’être explicite pour être efficace. Le seul fait de savoir qu’un tableau confidentiel classe les hauts gradés selon leur couleur politique, conservé par le cabinet de leur ministre de tutelle, suffit à produire un effet dissuasif.
Selon le Canard enchaîné le document a été établi « au soir du second tour ». La question de son usage futur – mutations, nominations, promotions, affectations – est posée publiquement. On peut supposer que le silence de la ministre vaut aveu. Une démocratie qui fiche ses officiers selon leurs convictions politiques n’est plus tout à fait une démocratie. Mais, avec Macron, sommes-nous encore en démocratie ? Il est légitimement permis d’en douter !
Cette détestable manie de ficher les officiers mal-pensants n’est hélas pas nouvelle. Qu’on se souvienne, par exemple, de l’affaire des fiches en 1904. De 1900 à 1904, les Loges maçonniques du Grand Orient de France établissent des fiches sur les officiers, qui sont transmises au cabinet du général André, le ministre de la Guerre, afin de décider de l’avancement et des décorations à attribuer. Ces documents secrets lui permettent de mettre en place un système où l’avancement des officiers républicains et francs-maçons est favorisé alors que la carrière des militaires nationalistes et catholiques — conviction religieuse qui vaut, pour le Grand Orient et le cabinet d’André, hostilité à la République — est entravée. Le général André est accusé de faire ficher les officiers catholiques (soupçonnés de « Jésuitisme »). Dans cette République des francs-maçons certains « frères » considéraient que l’armée était une institution d’ancien régime et qu’il fallait la « républicaniser ».
La Loge Les enfants de Gergovie suggérait, par exemple, que « toutes les propositions pour l’avancement, les décorations, les récompenses et toutes les nominations soient faites au cabinet du ministre, ceci sans tenir compte de l’avis des chefs qui sont pour la plupart cléricaux et réactionnaires ». Ceci au nom de l’égalité et de la fraternité sans doute ? On croît rêver !
L’affaire des fiches éclate le 28 octobre 1904, quand le député Jean Guyot de Villeneuve interpelle le gouvernement au Palais Bourbon et révèle le système de fichage instauré par le général André et le Grand Orient. Il produit à l’appui de ses accusations des fiches qui lui ont été remises par Jean-Baptiste Bidegain, adjoint du secrétaire-général du Grand Orient. Le ministre nie avoir connaissance de ces agissements, mais durant la séance du 4 novembre, Guyot de Villeneuve produit un document qui incrimine directement le ministre. La séance est houleuse et le député nationaliste Gabriel Syveton va carrément gifler le général André. En ces temps lointains, la droite nationaliste osait défendre ses convictions et ses valeurs, mais il est vrai qu’elle ne risquait pas encore l’étiquette infamante de fasciste : Benito Mussolini n’avait que 20 ans et il était militant… socialiste.
Le scandale autour de L’affaire des fiches sera énorme. Malgré le soutien de Jean Jaurès et du bloc des gauches, le gouvernement Combes tombe le 15 janvier 1905, emporté par l’affaire.
Néanmoins, le système des fiches va se poursuivre après 1905. En 1913, le ministre de la Guerre Alexandre Millerand y mettra fin, c’est du moins ce que l’histoire officielle a retenu.
Depuis la Révolution, la République a été belliciste car elle entendait diffuser partout les idéaux des Lumières. Ce sont les républicains qui poussent à la guerre en 1792, en 1870 et ensuite en 1914. Ils veulent récupérer la rive gauche du Rhin, puis l’Alsace et la Lorraine.
L’affaire des fiches n’était pas une nouveauté. Cette pratique existait déjà en 1789. Le but étant de débusquer les officiers contre-révolutionnaires. Les procédés du général André se situaient dans la tradition jacobine d’épuration républicaine. L’histoire plus récente de notre armée a souvent été marquée par l’épuration des cadres qui n’étaient pas francs-maçons (ou qui étaient jugés trop modérément républicains). Or, le fichage des officiers nationalistes ou catholiques, pour les écarter du commandement, a été désastreux à deux reprises : en 1914 et en 1939. En 1914, les généraux compétents avaient été écartés. C’est le « frère » Joffre qui fut choisi pour diriger l’armée. Face au désastre, on lui adjoint le général de Castelnau, catholique et non-maçon, afin d’éviter une cuisante défaite. Plus tard, Joffre sera remplacé par Foch, général catholique (ayant, de surcroît, un frère jésuite, congrégation honnie par les républicains). Clemenceau voulait un chef compétent, pas un incapable inféodé aux Loges.
Le même processus douteux sera appliqué pendant l’entre-deux-guerres. Des officiers non-maçons seront écartés au profit de frères-maçons souvent assez médiocres. C’est l’une des raisons de la mémorable raclée que subiront nos armées en mai et juin 1940.
Il est amusant de noter que les généraux proches du maréchal Pétain (Weygand, ainsi que ceux de la future armée d’Afrique), et ceux qui rejoignirent De Gaulle à Londres, étaient quasiment tous royalistes (et généralement anti-maçons).
Je ne demande pas qu’un député RN aille gifler la mère Veau-Train en plein Parlement car, dans notre culture, on respecte les femmes, fussent-elles des viragos ou des remèdes contre l’amour. L’adage qui dit « Bats ta femme tous les matins. Si tu ne sais pas pourquoi, elle, elle le sait ! » nous vient d’outre-Méditerranée, de cette nouvelle France créolisée adulée par Rachid Méchancon.
En revanche, je trouverais assez logique que la mère Veau-Train soit virée du gouvernement.
Cédric de Valfrancisque
1)- FTP : Franc-Tireur-Partisan ; maquisard dans les maquis communistes